Souvenir de soirée

collier de cuir    Au hasard des mouvements de foule sur la piste de danse, elle se retrouve face à un géant.
    Il doit dépasser 2 mètres, elle se renverse la tête en arrière pour mieux le voir, bouche bée. Il lui sourit.
    — Tu es si minuscule ! J’adore la façon dont tu me regardes… tellement soumise !
    Il l’attire contre lui, la presse contre son torse, d’une poigne ferme et protectrice à la fois. C’est agréable, elle aime sentir son bras musclé qui l’enserre. Sa tête se retrouve à la hauteur de son poitrail, elle se sent toute petite. Des mains immenses se promènent sur son corps en un massage intense. Elle est pétrie, malaxée avec force ; il lui donne le tournis. Elle se sent toute cotonneuse, affaiblie, prête à s’abandonner. Les mains s’arrêtent sur son cou, l’étranglent un peu, en douceur, avant de se relâcher. Le temps de lui attacher un collier de cuir clouté autour du cou.
    — Tu veux bien être ma soumise ? Je ferai ce que je veux de toi, je t’utiliserai, tu seras mon jouet…
    — Mmmm, je ne sais pas…
    — Mauvaise réponse ! On recommence, veux-tu être ma soumise ?
    Elle hésite, tentée. Son toucher est magnétique, sa volonté anéantie, déjà… Elle se sent tiraillée entre l’envie de vivre l’expérience et l’appréhension… Faire « tout ce qu’il veut » ? A quoi pense-t-il exactement ? Elle ne veut pas être fouettée, frappée, ni faire des trucs sexuels… Elle va tenter d’en savoir plus.
    — Tu es dominant ?
    — En réalité, pas vraiment… c’est ce que tu m’inspires, la façon dont tu me regardes…
    Elle est sur le point de lui raconter qu’elle n’est pas du tout soumise, elle est même de l’autre côté de la cravache. Elle a d’ailleurs un soumis qui l’attend à Paris ; elle aime suivre ses envies, et tient à sa liberté plus que tout… Mais la musique electro pulse dans leurs oreilles, il n’est pas facile de bavarder longuement, en anglais de surcroit ; il est hollandais.
    — Alors, est ce que tu es d’accord pour être ma soumise ?
    — Je ne suis pas sûre…
    Il s’écarte aussitôt, la repousse.
    — Sauve-toi alors, cours, vite avant que je ne t’attrape !
    Elle s’enfuit, heureuse de reprendre sa liberté, soulagée. Légèrement déçue aussi de ne pas avoir osé, un brin de regret lui mordille le coeur. Il était beau son géant ! Elle se fond dans la foule, se perd à nouveau parmi les danseurs anonymes et souriants, avant de porter ses mains à son cou. Le collier ! Il a oublié de le reprendre ! Elle devrait le lui rendre, peut-être ? Elle se ravise, elle va le garder en souvenir. C’est son premier cadeau de Noël, une prise de guerre ! Un signe du destin, qui sait…
   
     Photo : si quelqu’un reconnaît ce collier et y tient, je suis prête à le rendre, bien sûr !

2 commentaires

  1. Clarissa a écrit :

    Merci Bleue ! Parfois, je suis tentée de porter des chaînes… légères et éphémères !

  2. Bleue a écrit :

    Tout léger ! Merci, Clarissa.

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