La mécanique des dessous

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    Une exposition passionante, ludique, sur les « dessous », se déroule en ce moment au Musée des Arts Décoratifs à Paris.
    Curieuse et à l’affût de sources d’inspirations les plus variées, je me suis empressée d’y aller.
    Avant tout, il s’agit d’une exposition sur la mode, mais les garçons ayant toujours été très intéressés par ce qui se cache sous les jupes de filles, ils nous accompagnent de bon coeur 😉
    Il nous est proposé une déambulation parmi de magnifiques robes, costumes et d’intriguants mécanismes se mettant dessous, afin de mieux comprendre l’évolution des diktats de la mode au fil de l’histoire, depuis la fin du moyen-âge à nos jours.
    C’est en fait une histoire de la silhouette aussi. Selon l’époque, la taille se porte plus ou moins fine, la poitrine pointue ou écrasée, la fesse plus ou moins rebondie… et pour répondre à ces exigences de beauté toujours changeantes, divers artifices sont à l’oeuvre sous les jupons. Corsets, paniers, crinolines, faux culs, queues d’écrevisse… autant d’accessoires inventés pour compliquer la vie des femmes et les rendre plus belles. Enfin, tout est une question de point de vue. Les faux culs n’arrangent rien vu de ma fenêtre en 2013. Et les tailles excessivement fines de la « Belle époque » me font frémir au lieu de me donner envie.
      Les attributs masculins ne sont pas oubliés, et vous vous réjouirez comme moi des costumes de la Renaissance mettant en valeur leur virilité dressée, que ce soit à la ville ou sur les champs de bataille. (les torses rembourrés m’ont laissée plus sceptique….)
     La muséographie est superbe, les pièces sont mises en valeur grâce à des éclairages précis, nous évoluons dans une obscurité presque totale qui incite à chuchoter et se rapprocher de son voisin.
ARMURE~1    A mi chemin, des extraits de films en costumes sont diffusés : « La folie des grandeurs », « Autant en emporte le vent », ou encore « French cancan »… Ils ont tous en commun des demoiselles évoluant en corsets serrés. Ils nous font partager la difficulté de les mettre (Ah, Jean Gabin prenant appui de son pied sur la croupe de la jeune fille et tirant de toutes ses forces sur les lacets du corset, tout en discutant, clope au bec, avec un comparse…. plus SM, je ne vois pas !). Plus loin, ce sont des publicités et réclames anciennes qui nous feront sourire.
    Il est également possible, en théorie, d’essayer quelques corsets et crinolines, mais j’ai dû passer mon chemin, mon cavalier s’impatientant devant tant de robes et franfeluches. Et l’endroit attirait une foule de demoiselles émoustillées et gloussantes faisant la queue devant les costumes. J’aurais bien gloussé moi aussi en enfilant une crinoline et en pigeonnant mes seins dans un corset… soupir.
   
88118109_o    Une exposition qui m’a beaucoup plu, un voyage dans le temps pour tous les curieux un peu coquins, et aussi pour les auteurs érotiques qui osent s’aventurer dans les temps anciens et se posent la question fatale : mais que portent-elles donc sous leurs robes de princesses ?  
     On parle souvent aujourd’hui encore de la dictature de la mode (il faut garder la ligne, s’épiler au poil près …), mais vous verrez combien ces exigences sont douces face aux instruments de tortures supportés par nos aïeules et qui les martyrisaient à longueur de journée !

 sans-titre    A la boutique, quelle déception ! J’espérais plein de copies modernisées et confortables des merveilleux corsets que je venais d’admirer. Rien. Pas le plus petit soutien-gorge à froufrous. Par contre, quelques slips qui m’ont semblé un brin ringards s’étalaient en abondance sur les présentoirs.  
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    Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site du Musée des Arts Décoratifs
    il ne reste plus qu’un mois pour en profiter…

Photos prises sur le net, sauf la première et la dernière, by Clarissa

8 commentaires

  1. Pel Mel a écrit :

    Clarissa, ton écriture fluide et ton regard incisif sont très agréable en ce lundi matin ! J’ai même aimé partager ta petite déception à la boutique à la fin de la visite

  2. Erik Torrent a écrit :

    Le jour où tu souhaites prendre une nouvelle activité professionnelle, n’hésites pas à explorer les services communications des musées et expositions ! Ton billet me donne plus envie d’aller voir cette mécanique des dessous que les dépliants institutionnels, et le site web du musée, que j’avais lu il y a déjà quelques mois.

  3. juju051 a écrit :

    Je serai à Paris mercredi pour la journée et, à lire ton billet, j’en reviendrai frustré. Impossible d’entrainer ma femme dans un musée.
    Les faux culs? il me semble que ça existe encore ( pas certain que je parle de la même chose que toi)

  4. Clarissa a écrit :

    Merci Pel Mel ! J’ai trouvé qu’ils n’avaient vraiment aucun sens du commerce… après avoir vu cette expo, toutes les femmes rêvaient de s’offrir un joli corset !

    1. Clarissa a écrit :

      C’est une idée en effet, ça me plairait beaucoup ! Mais je crains de ne pas pouvoir adopter le ton pompeux et savant qu’ils affectionnent

      1. Clarissa a écrit :

        Avec cette expo, on n’a vraiment pas l’impression de visiter un musée poussiéreux… à tenter peut-être ? Et le sujet plait aux dames ! Bon séjour à Paris

  5. Mr STEED a écrit :

    Une belle exposition là encore (je tombe par hasard sur deux de vos articles, sur votre blog si charmant, merci à la sérendipité !!)
    Les dessous, un voyage sans fin, si vous voulez visiter un musée toujours ouvert, regardez le musée virtuel des bas nylon, chaque dimanche sur ce blog d’un ami passionné : http://www.NYLON-VOLUPTE.com. Chaque dimanche il parle des bas nylon, une féminité passée et actuelle

    1. Clarissa a écrit :

      Merci cher Mr Steed pour vos compliments et cette bonne adresse !

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