Carapaces, de Luc et François Schuiten

Carapaces

   Dans une ruelle à l’écart, à l’abri des regards sous un porche, un couple s’embrasse éperdument. Longuement ! Je les surprends aussi à mon retour, bouches collées, enlacés pour l’éternité.
   Le confinement commence à être long pour les amoureux séparés ! Des rendez-vous clandestins s’organisent dans les cachettes du quartier, loin des passants et des contrôles… Le désir est plus fort que tout, peu importe le risque d’amende, de contagion ! Seul compte le plaisir d’un baiser.
    J’ai pensé à cette belle BD de Schuiten, Carapaces, une histoire sans paroles, érotique et sombre. 
    Sur une planète étrangère, il faut se vêtir d’une armure de métal épousant parfaitement le corps. Deux amants ont trop envie de sentir le contact de leurs peaux, ils passent outre les consignes, retirent une à une les plaques de métal, dévoilent leur corps, s’étreignent, et se condamnent.
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   Nous aussi nous sommes privés de caresses et de baisers, et vêtus d’une armure invisible qui nous maintient à 1 mètre de distance les uns des autres. Combien de temps allons-nous supporter cela : ne pas s’embrasser, se tenir par la main, s’enlacer ? La pulsion de vie sera bientôt plus forte que tout, nous ne pourrons plus rester enfermés longtemps !
    Jusqu’au 11 mai, et pas un jour de plus !

   Illustrations : François Schuiten

2 commentaires

  1. vlad a écrit :

    Merci pour ce rappel. J’adore Schuiten

  2. Clarissa a écrit :

    Je l’adore moi aussi ! Je viens de relire « Les murailles de Samarys », « Le rail », et là, j’attaque « La tour »… Impossible de remettre la main sur « La fièvre d’Urbicande »…

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