Le voisin

Calogéro en apesanteur

Ce n’est pas vraiment un Corps de métier, mais il s’agit aussi d’un archétype qui revient souvent dans les fantasmes…

Voisinage forcé

Hier midi, l’ascenseur s’immobilise, éteint ses lumières, et aussitôt la tension monte d’un cran.
Je me retrouve piégée avec un voisin que je n’ai jamais vu, avec son gros caddie plein à ras-bord. Un 15 août en plus ! Je serre ma baguette tradition contre mon cœur, espérant que ce satané engin reparte.
L’homme me sourit, désigne son caddie
— au moins on ne mourra pas de faim
On rit tous les deux, un peu nerveusement. Je lorgne sur ses provisions, on peut tenir un siège ! L’idée me réjouit : un pique-nique improvisé ! Oubliée cette boîte métallique étouffante dans laquelle nous sommes enfermés : on va s’assoir en tailleur, ouvrir son jambon sous vide, sacrifier ma baguette, se raconter nos vies, plonger nos doigts dans ses confitures, les lécher, s’en mettre partout… Il voudra essuyer un peu de confiture au coin de mes lèvres, et m’en ajoutera au contraire ! Il finira par lécher ma joue directement, mmmm… Soudain il fera chaud, très chaud… On mourra de soif, et on boira directement dans la bouche l’un de l’autre, et puis…
Je sursaute, mon rêve éveillé s’interrompt brusquement : les lumières viennent de se rallumer. La machine s’ébranle et s’élance lourdement ; adieux confidences, baisers et pique-nique improvisé !
On se salue chaleureusement, le cœur un peu lourd ; je suis arrivée à bon port, je quitte notre vaisseau spatial. Il reste à bord, les portes se referment à toute vitesse (cet ascenseur toujours si laborieux d’habitude !), je ne connais même pas son étage !
Dépitée, je croque dans ma baguette, d’autres appétits se réveillent ; j’ai faim !

– photo : En apesanteur de Calogéro

 

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Clarissa
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Blogueuse et autrice

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