Un peu de Med play
Ce kink ! De mon côté, je m’y adonne essentiellement en situation « réelle », cela m’aide dans les situations pénibles (prises de sang, chez le dentiste…) : je me projette dans un monde imaginaire bdsm où je suis torturée par de belles infirmières, de beaux médecins et de belles doctoresses, tous plus sadiques les uns que les autres ! Et pour leurs beaux yeux, pour leur plaire, je suis prête à souffrir, car je sais, qu’au fond, ils ne me veulent que du bien, et qu’ensuite viendra le plaisir (d’en finir), et le soulagement (que ce soit derrière moi !)
Cette fois, on m’a prescrit un examen du cœur :
Je m’installe sur la table d’examen, une jeune femme me colle des autocollants partout sur la poitrine, des autocollants reliés à une machine. Je m’inquiète un peu.
— ça va picoter, comme des courants électriques ?
Elle manque d’éclater de rire.
— Oh non, ce serait horrible, vous ne sentirez rien, on ne fait pas ça ici…
(petit ton énigmatique et sourire en coin)
Je médite son ici – sous-entendu, ailleurs, éventuellement, il y aurait moyen de sentir la piqûre de l’électricité qui nous traverse le corps et nous fait tressaillir…
Survient l’homme de l’art, le cardiologue. Il est vraiment pas mal du tout, du genre plein d’énergie et d’allant, toujours en mouvement. Il me salue sans me regarder, s’installe directement devant ses écrans et me questionne.
— Vous faites du sport ?
— Heu non (pas sûre que danser le samedi soir « ça compte »)
— Vous fumez ?
Il poursuit son interrogatoire tout en réalisant une échographie. Je profite de sa manette fraîche à la forme évocatrice qu’il promène partout sur ma poitrine. Je me retiens de glousser – c’est froid et ça chatouille ! Des images floues s’affichent à l’écran, méconnaissables, ininterprétables pour un regard de néophyte. Il s’abîme dans leur contemplation, un grand sourire jusqu’aux oreilles.
— Votre cœur est vraiment magnifique ! Il est parfait, il est tellement beau….
Il me le répète plusieurs fois, en boucle, plein d’enthousiasme. Il s’extasie, pendant que je regarde moi aussi les images floues, un peu étonnée, tâchant de comprendre – en vain. Un peu confuse, je ne sais pas trop pourquoi, je le remercie pour ses compliments. J’ai aussi vaguement l’impression d’être « un objet d’étude », un cas d’école, ce qui ne me déplaît pas, et j’ai envie de rire tant la situation me semble étrange !
Dommage que seuls les cardiologues-échographes puissent admirer mon cœur si réussi !
(Sinon, mon coeur va très bien, malgré tous les garçons qui me l’ont brisé ^^)
– Photo : série Grey’s anatomy (un chirurgien neuro de mémoire, mais j’ai choisi le premier chirurgien qui me passait par la tête, pas le temps de chercher un beau cardiologue !)
