Samedi soir, soirée Hell’O Kinky, aux Caves St Sabin !
J’arrive tôt, très tôt même, et j’ai même ce privilège d’être accueillie à l’intérieur avant l’ouverture des portes ! Je me réjouis, j’adore cette impression de « faire partie de l’équipe », même si c’est une impression illusoire ! Avec un léger sentiment d’imposture néanmoins, puisque je ne fais rien, un peu « mouche du coche » sur les bords…
J’ai tout loisir d’observer les lieux avant qu’ils ne soient envahis, les caves se sont parées de voilages rouges, de guirlandes lumineuses, de peintures psychédéliques (on m’a taquinée à nouveau sur celle qui me ressemblerait !) … autant d’éléments de décors qui donnent un aspect féérique et merveilleux à la soirée ! Sans oublier les coussins disposés partout, les matelas qui vont bientôt accueillir les ébats, ou les massages, selon les alcôves…
L’effervescence monte, bientôt 23h, et au milieu, calme dans l’œil de la tempête malgré quelques difficultés de dernière minute : JB Buda, l’organisateur ! Il règle tous les détails, répond à tous et à toutes, pendant que je tente, en vain, de me rendre utile. Le temps s’accélère, rythmé par des annonces à haute voix : « on ouvre dans 15 minutes », « dans 10 minutes » !
« On ouvre !! »
Les participants se présentent, superbement vêtus de tenues colorées, fetish, agrémentées de lumières, de strass, de dentelles… En petit nombre d’abord, peu à peu, et puis de plus en plus nombreux, jusqu’à embouteiller les couloirs parfois… — D’ailleurs, j’ai été reprise deux fois par des angels, car je discutais dans le couloir – pardon !!
Je me mêle à la foule avec bonheur, avec ma couronne de fleurs sur la tête et ma bague nounours (elle va m’embêter toute la soirée, et elle a reçu un cocktail sur la tête^^). Je croise des chapeaux de pirates, des cornes de diablesse, des couronnes de princesse, des casquettes, des visages grimés, maquillés, pailletés, des tutus en veux-tu en voilà, des maillots de bain, des dessous sexy, et même une sirène fabuleuse !
Je nage dans mon élément, heureuse de retrouver cette soirée que j’aime depuis tant d’années ! En revanche, c’est la première Hell’O Kinky pour Maîtresse Gladys, équipée de cornes de diablotine pour l’occasion ! Je lui propose une visite des lieux et de ses différents espaces, même si nous sommes régulièrement interrompues au cours de notre exploration par des amis ravis de nous revoir (c’est réciproque !) : dans cette alcôve, on trouve le « coin chill », pour se reposer et se câliner (mais rien de plus !), là c’est l’espace shibari, ici l’atelier body painting, juste derrière, l’espace dédié aux massages de pieds, et plus loin, le « coin câlins », ou « sex corner » plutôt !
À l’entrée du sex corner, une angel s’assure du consentement de chacun et de chacune, elle vérifie si l’on a les idées claires, et si l’on vient bien là pour du sexe, car sinon, nous sommes invités à rejoindre le coin chill plutôt ! Pas de voyeurisme, pas de bla bla, pas de simples câlins non plus, et on entre en couple, on en ressort de même… C’est un peu strict, mais je comprends ! Tout en rêvant en secret d’un lieu qui mélangerait le côté câlins et le côté sexe : on pourrait passer de l’un à l’autre naturellement, sans avoir à choisir d’emblée, à l’avance… Il faudrait un plus grand espace cependant, l’escalier du sex corner et ses deux cachots n’y suffiraient pas ! Déjà qu’il y avait de l’attente…
Enfin, la croix de St André rose bonbon délimite un coin « donjon » qui fait de l’œil aux amateurs de BDSM.
On choisit de s’attarder sur le dance-floor « tubes des années 80 », amusées par l’ambiance « Boum vintage du collège ». Tout le monde chante, s’éclate, sans honte ni scrupules, même sur des titres qui ont quelque peu vieilli, alors que d’autres restent éternels… La soirée est lancée, quelques minutes top chrono après l’ouverture !
Je charge mon soumis de veiller au timing, je ne veux pas manquer les shows ! J’aime tant oublier l’heure de mon côté… Nous arrivons un poil trop tard pour être au premier rang, mais nous parvenons à nous faufiler au plus près, pour admirer la danse de Ruby avec ses deux boules roses lumineuses. Un ami me glisse des insanités à l’oreille sur la symbolique de ces boules roses, quand moi, innocente, je ne vois qu’un très beau show poétique et sexy ! Un peu plus tard, elle sera suspendue par « La Nuit venue », qui crée de beaux accessoires bdsm, il la fera danser dans ses cordes. Superbe show de shibari, éclairé d’accessoires lumineux !
Le dance-floor techno s’est transformé en étuve ! J’adore ça, ce bain de vapeur dans lequel nous baignons, chaud et chaleureux, qui invite aux rapprochements…
— Ce n’est pas très pratique pour prendre des photos, me confie un ami photographe. Je me souviens d’une soirée où je devais essuyer mon objectif toutes les trois photos car il se couvrait de buée…
Il semblerait que de nouveaux ventilateurs font leur maximum au-dessus de nos têtes, je sens un souffle tiède dans mes cheveux. Un ami taquin surgit soudain devant nous, muni de ventilateurs de poche, il m’en offre un, trop mignon en forme d’ourson ! Le cadeau de l’été… que j’ai hélas perdu dans mes pérégrinations !
J’entraîne mon soumis vers le coin chill, on nous fait une petite place sur les coussins. Un lieu intime, à l’écart du son, pour bavarder, se ressourcer, au frais. Je lui tends mes pieds à masser, c’est une forme de câlin après tout.
— Il y a des préservatifs sur cette table, remarque un ami pour rire.
— Oui, mais cela ne veut pas dire que le sexe est autorisé, regarde les affichettes, il y en a parce que c’est aussi l’espace RDR !
Je griffe légèrement mon soumis qui s’applique sur mes pieds et mes jambes, jusqu’à ce que mon attention soit attirée par ma voisine, une irrésistible soumise. Elle me masse les mains, me sourit, me chuchote des invitations à l’oreille… Je suis follement tentée de saisir sa laisse, de la garder avec moi, avant que mon goût de la liberté ne reprenne le dessus : je retourne danser ! Et puis, il y a ce dominant que j’aimerais bien recroiser…
Je dois partir tôt, je l’ai annoncé à la ronde, une fête de famille est prévue demain, mais il m’est tout simplement impossible de quitter le dance-floor, engluée dans les sables mouvant de la techno jusqu’au cou pour mon plus grand bonheur ! Un ami, plus raisonnable que moi, est sur le point de s’en aller, il me propose de me déposer. Mais c’est au milieu d’un set incroyable ! Un DJ nous emporte tous avec lui, partir serait un arrachement… Je décline son offre, tout en visualisant les problèmes à n’en plus finir qui résulteront de mon inconséquence. Mais ces inconvénients me semblent lointains encore, incertains, alors que le plaisir d’être là, maintenant, au milieu de la piste de danse, entourée d’amis se révèle plus fort que tout ! Je veux danser avec eux pour toujours sur ce son, une damnation éternelle que j’accueillerais avec joie…
Tourbillon de rencontres et de retrouvailles, tout en dansant ! A mon grand désespoir, il m’a été impossible d’interagir avec tout le monde, j’ai salué certains amis seulement de loin… (Un jour j’aimerais vivre une soirée qui n’aura pas de fin ! Elles existent, mais en Allemagne…)
Le temps passe, s’accélère, la piste se vide un peu, je reste envers et contre tout, clouée sur la piste de danse et ses environnement immédiats. Tout le monde se sourit, on devine une infinité de possibilités dans chaque regard échangé… cette magie là je veux la déguster jusqu’à la dernière goutte !
(Je n’ai réussi à filer qu’à 5h30, motivée uniquement par la crainte de la cohue finale… )
J’ai déjà vécu de nombreuses soirées Hell’O Kinky, chaque soirée se ressemble en apparence, mais chaque soirée vécue est unique et ne ressemble à aucune autre : nouveaux sets, nouvelles rencontres ou retrouvailles, nouveaux shows… Parfois, j’alterne toute la nuit entre les deux dance-floors, celui consacré aux tubes des années 80 et le second dédié à la techno. Cette fois, je suis surtout restée sur le dance floor-techno, maintenue là pieds et poings virtuellement liés (en réalité,je m’agitais en tous sens) par les superbes sets des DJ.
Ça piquait très fort le lendemain matin quand il a fallu me lever à 9h ! Mais je ne regrette rien… Le sommeil, ça se rattrape dès la nuit suivante !
Il existe parfois des soirées qui nous offrent une sorte d’état de grâce, je ne sais pas à quoi cela tient, les DJ sûrement, les amis présents, l’ambiance générale, l’état d’esprit, le lâcher prise, le côté « c’est la dernière soirée avant longtemps »… C’était le cas samedi, toutes les planètes étaient alignées !
Un grand bravo et merci à l’organisateur et toute son équipe ! Pour avoir entrevu les coulisses, je sais le travail que cela représente ! Une équipe accueillante, souriante, à l’image de la soirée, que ce soit à l’accueil, au vestiaire, au bar, ou pour veiller à notre bien-être et aux règles de la soirée.
Le savoureux récit de Maîtresse Gladys !
Pour venir la prochaine fois : le site de la Hell’O Kinky


-photos de Daniel Power, festival de couleurs !
