Un réveillon techno fetish-bdsm

Monarch réveillon
   Samedi dernier, les soirées « Monarch », « Master Squat » et « Hole » se sont unies pour nous offrir un réveillon d’anthologie ! De 22h à 2h sans interruption ! (mais de mon côté, il y a eu interruption 😉 )
   On arrive tôt avec mon cavalier de soirée, dès 22h30 – je me voyais déjà dans la queue et dans le froid au moment critique du décompte des secondes avant minuit.
   Il y a cet élan, déjà éprouvé mille fois, et que je ressens directement à peine entrée, une bouffée de joie pure, un élan d’enthousiasme lié à la musique, qui vibre dans nos corps, fait battre nos cœurs et nous donne immédiatement envie de danser, magique ! Les lieux sont bien animés, et la tension monte peu à peu, au fil de l’arrivée de foules de fêtards.
   Ce soir, tout est familier, et tout est différent aussi, il y a cette atmosphère spéciale liée au 31. Les retrouvailles entre amis sont teintées d’affection, on est tous et toutes bien décidés à s’amuser et jouer comme des fous ! Ce soir, c’est le grand soir 😉 on enterre pour de bon 2022, qui nous a réservé le pire et le meilleur.
   On se promène partout, dans ces lieux que l’on connaît maintenant par cœur : à l’étage, l’une des pièces s’est métamorphosée en un donjon entièrement équipé, tandis que la pièce voisine nous propose une multitude de coussins sagement alignés le long du mur. Au milieu, de vastes coussins plats sont prêts à accueillir toutes sortes d’étreintes. Gare aux chutes quand on s’y aventure, car la dark room porte bien son nom, et j’ai bien failli me retrouver allongée direct sur ce lit de coussins ! Tout est calme pour l’instant, mais cette play room sera bientôt à la hauteur de sa réputation sulfureuse !
   La vaste piste de danse baigne dans une lumière rougeoyante, psychédélique. La musique est accompagnée de vidéos trépidantes sur un grand écran derrière le DJ, et tout le long des deux mezzanines. En les regardant avec attention, on surprend des images subliminales, parfois très claires : séances de domination, extraits érotiques… elles se mélangent, nous hypnotisent et parlent sûrement directement à nos corps sans que l’on s’en doute encore.
   L’une des mezzanines est équipée d’une croix de St André, de bancs à fessée… celle d’en face de canapés et banquettes, avec un rideau pour se cacher de la salle. On s’y risque à tâtons, avant que nos yeux ne s’habituent à la pénombre.
   Soudain, la lumière change, un décompte de décollage de fusée s’affiche sur le grand écran, nous tombons dans les bras de nos voisins pour échanger des bises de bonne année, et puis la soirée reprend ses droits, place à la danse et aux jeux !
   La soirée est ponctuée de nombreuses performances, je les contemple depuis le meilleur point de vue qui soit, accoudée à la rambarde d’une mezzanine, avec une vue plongeante sur les événements. J’ai adoré ces moments : regarder en frissonnant les pratiques bdsm les plus intenses, tout en sirotant mon coca ou ma coupe de champagne, pendant qu’on me massait les épaules. Plaisir des contrastes ! A côté de moi, un couple s’embrasse, se caresse et plus encore, le désir fouetté par le spectacle.
   La première performance s’ouvre sur une séance de vacum bed, un mince drap de latex dans lequel se glisse un beau soumis. Le latex épouse parfaitement ses formes à mesure que l’air est aspiré (par un aspirateur tout ce qu’il y a de plus normal). Seul son sexe dépasse d’un trou disposé au bon endroit ; la dominatrice s’en saisit et y glisse une sonde d’une taille impressionnante. A côté de moi, ça frémit. Mes voisins n’ont jamais vu ça et ouvrent de grands yeux, je les rassure de mon mieux, mais je les sens pétrifiés ! Effectivement, le public du 31 décembre est plus large que le public aguerri de la Monarch et de la Squat, des nouveaux venus sont confronté pour la première fois au bdsm, et directement dans le dur !
   Une soumise se prête ensuite à un jeu de breath play : elle respire dans un masque de latex qui dispose d’une bulle se gonflant à chaque expiration. Elle respire sa propre expiration, et la Dominatrice ajoute à la contrainte en la recouvrant régulièrement d’un drap de latex noir qu’elle serre fort autour du cou. Je suis en apnée moi aussi, respirant difficilement, et fascinée par ces pratiques sur le souffle. La dominatrice maîtrise cette art sur le bout des doigts, concentrée, connectée à sa soumise. Autour de l’estrade, tous la fixent, subjugués, et dansent, en transe avec le son. Fabuleux ce mélange de techno et de bdsm !
   Puis, le sexe d’un soumis est cloué sur une planche – ça s’agite derrière moi, le massage de mes épaules devient presque trop fort tant « le masseur » est remué par ce qu’il regarde, craignant pour sa propre anatomie peut-être ^^
   Les sévices s’enchaînent : gouttes de cire sur les langues tendues, pluie de cire sur les dos, les ventres des soumis et soumises alignés côté à côte, et qui viennent ensuite à la queue leu leu se faire enflammer le dos… Coups de fouet des deux Dominatrices, coups de martinet d’une autre…
   Pendant toute la séance, deux jeunes femmes dansent dans la grande cage derrière les suppliciés… Savoureux contraste.
   Superbe show mené tambour battant ! Je réalise combien j’ai eu chaud, vite, un verre pour se rafraîchir et se remettre… La mezzanine s’est transformée en étuve !
   Nous retournons danser dans l’arène, et plongeons dans ce bain de foule où tout le monde s’ébroue, ravis d’être là, de danser, taper du pied. Joie  des retrouvailles, des rencontres de hasard… tout bascule peu à peu… je surprends de folles étreintes dans tous les coins, ça déborde sur la piste… je ne rentrerai pas dans les détails 😉
   Et puis tout à coup, comme ça, sans prévenir, il est près de 7h. Le temps s’est dissous, envolé je ne sais où, c’est incompréhensible, nous sommes sidérés…. C’est un déchirement de partir, car la fête se poursuit, avec son flot de fêtard qui se renouvelle sans cesse – certains arrivent tout juste. Je suis saturée de son et de danse, ce serait le moment de tenter de rester encore, d’aller plus loin, mais mon corps, ce paresseux, préfère se glisser sous la couette.

   Le « lendemain », je me réveille en pleine forme après avoir dormi quelques heures. Fresh start, c’est le 1 janvier !
   Les bonnes résolutions, c’est tout de suite, là maintenant ! On ne va pas procrastiner d’emblée… Alors je range, je joue les fées du logis… Et soudain, le doute s’installe : mais qu’est ce que je fais là, à traquer la poussière, alors que la soirée bat son plein et que tout le monde s’amuse sauf moi !
   Ni une ni deux, je remets mes habits de lumière, ma petite robe noire fetish fétiche cette fois, et hop retour à la Monarch ! Je finirai de ranger et de répondrai aux bons vœux des amis plus tard…
   La soirée, l’après-midi plutôt, me happe aussitôt, c’est comme si je n’étais jamais partie… la musique est toujours d’enfer, et m’attire aussitôt dans son rythme infernal ! Et là, il m’arrive quelque chose que je n’aurais jamais imaginé : on m’invite à danser le rock ! Le garçon danse vraiment très bien, il trouve une façon de me faire tournoyer en suivant le rythme intense de la techno… – En réalité, on fait n’importe quoi, on danse n’importe comment, on s’amuse et on s’envole ! Au bord de l’évanouissement, je demande grâce et remercie mon cavalier.
   Je déambule seule, comme dans un rêve, entraînée par les courants de la foule ici ou là, je retrouve avec grand plaisir des amis et des amies encore là (mais comment ont-elles fait ? ) ou revenues comme moi après une pause… et les jeux reprennent, je vis une deuxième soirée, ou une très longue soirée à peine interrompue par quelques heures de sommeil. J’ai adoré ça ! Enchaîner une nuit et une journée de fête… on atteint un stade d’apesanteur, on sent toutes nos résistances lâcher, on franchit des paliers dans la folie de la fête, on devient la fête tant on se fond dans l’ambiance….

    Des plaisirs d’une autre nature m’attendent à maison, je réussis à m’arracher de la piste. C’est difficile, car le son est toujours excellentissime, et j’ai rejoint des amies, on danse comme des folles, on s’amuse comme des collégiennes, en évinçant tous les garçons qui tentent de s’inviter dans la danse 😉

   Un immense bravo aux organisateurs et à leur équipe pour la réussite de cet exploit, 28h de fête non stop !
   Au plaisir de vous retrouver bientôt :
   Samedi 14 janvier : Master Squat (soirée techno fetish-bdsm, dress code fetish requis)
   Samedi 10 février : La Monarch (soirée techno gay all inclusive, play room bdsm)
  

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