Un dîner protocolaire – Chap.2

H-C-entete-700x468

    Résumé de l’épisode précédent, Association de dominas :
    Trois amies dominatrices organisent un réveillon avec leurs soumis : Sandra, expérimentée et sévère, Lisa, romantique et festive, et Célia, surtout joueuse. Lisa a invité Julien, son fidèle soumis, Sandra a convoqué Rémi, masochiste et rebelle, et Célia a choisi Jeannot, un soumis ami, sur lequel se faire les dents.

***

    Chap.2 Transformation
    C’est le grand soir ! Les trois soumis arrivent tous en même temps, ils sont accueillis par des rires et des quolibets. Les dominatrices leur bandent les yeux et se mettent à jouer à la poupée. Elles les déshabillent prestement, non sans caresser au passage leurs corps plus ou moins musclés, avant de fouiller dans un carton. Il y a tout ce qu’il faut pour transformer ces messieurs en soubrettes. Elles piochent des nuisettes et aident leurs soumis à les enfiler, sans oublier le petit tablier de dentelles pour cacher ce que la morale réprouve. Une pointe de maquillage, des hauts talons sur lesquels ils vacillent, et le tour est joué ! Ils sont beaux ainsi, mi homme mi femme, maquillés et virils à la fois, exposant leurs attributs sous la dentelle des tabliers. La dentelle se soulève déjà légèrement et Sandra joue de la cravache pour remettre à leur place ces membres un peu trop triomphants. Seul le soumis de Célia se tient à carreau, aidé par une cage de chasteté chromée qui habille joliment son sexe.
    Lisa rajoute de larges rubans rouges autour de leur taille et s’applique à faire un joli noeud.
    — N’oublions pas que c’est Noël encore, et ce sont nos cadeaux !
    Son imagination s’emballe, ces rubans pourront d’ailleurs servir à plein de choses, laisses, attaches…
    Les colliers ne sont pas oubliés. Des colliers de cuir noir, dotés d’un anneau de métal, ils tranchent avec les tenues fantaisistes, et rappellent le thème de la soirée. Chaque domina s’occupe de le nouer autour du cou de son soumis. Lisa est toujours émue par ce geste, si symbolique, qui marque le début de la séance. Sandra arbore déjà un sourire sadique. Elle annonce la couleur en le serrant un peu trop autour du cou de taureau de Rémi ; le jeune homme grimace, aux anges. Célia en profite pour chatouiller Jeannot dans le cou, un endroit souvent sensible. Jeannot gigote et glousse, il se prend une taloche.
   — Tiens-toi tranquille, je n’arrive à rien !
   Voilà les soumis apprêtés, maquillés, prêts à obéir aux ordres les plus farfelus. Il se tiennent fièrement les uns à côté des autres. Un peu gauchement aussi. Julien semble anxieux, une goutte de sueur coule sur ses tempes. Rémi en a vu d’autres, il fait mine de s’ennuyer, il va se prendre un coup de cravache s’il continue de jouer les insolents. Jeannot jette des regards de chien battu autour de lui. Les dominatrices se consultent du regard, et s’amusent à faire durer le moment. Célia se retient de rire.
    Sandra brise le silence.
    — Quelle belle brochette de soumis ! Il est temps de prendre l’apéritif, Messieurs, c’est à vous !
    Les trois amies s’installent sur le canapé pendant que les soumis s’affairent : Jeannot apporte le champagne et leur sert des coupes, Julien tient deux bougeoirs en gardant une immobilité de statue, et Rémi courbe l’échine. Il accueille sur son dos un plateau avec des petites choses à grignoter. Il est prié de ne pas bouger, mais l’équilibre est instable, et ce soumis peu fiable, ces dames préfèrent garder leur coupe à la main.
    — Les pauvres, ils n’ont rien à boire, s’amuse Célia en caressant Jeannot, blotti contre sa jambe.
    — Je leur donnerais bien un verre de ma composition, lance Sandra, en faisant un clin d’œil à ses amies.
    — Arrête, tu vas nous couper l’appétit, juste avant le repas en plus, proteste Lisa, délicate à ses heures.
    — Oh, ne fais pas ta chochotte… d’accord, je vais épargner ton estomac fragile. Depuis le temps que tu traînes dans le milieu, tu devrais t’aguerrir un peu !
    — Que chacun fasse ce qui lui plaît ! Moi par exemple, je suis une éternelle débutante, fait Celia en baissant modestement les yeux.
    — C’est cela, oui !
    Elles éclatent de rire, complices.

    — Je voudrais un massage de pieds, réclame Célia.
    Ça tombe bien, son soumis baille aux corneilles, il reste planté là, les bras ballants, oisif depuis qu’il a servi le champagne. Il se jette aussitôt à ses pieds et entreprend de les lui masser. Lisa et Sandra invitent leurs soumis à faire de même, tant pis pour le chandelier et la table basse. Celia ne tient pas en place, elle agite ses orteils, pianote sur le torse de Jeannot, le martèle de petits coups de pied, avant de se lever carrément.
    — Allonge-toi !
    Elle grimpe sur lui sans façon, et le piétine avec entrain. Jeannot gémit.
    — Si je t’entends à nouveau, je remets mes talons, et là tu auras une bonne raison de pleurnicher !
    Jeannot se tient coi, il serre les dents et n’émet plus le moindre son, même quand un pied mutin vient se poser sur ses joues, sa gorge, sa bouche…
    Celia chancelle, elle peine à garder l’équilibre et finit par s’assoir sans façon sur le ventre de Jeannot. Elle s’amuse à triturer ses bouts de seins, les tordant entre ses doigts, avant de s’intéresser à sa gorge. Le breath play, c’est son péché mignon, pratiqué à sa façon, en douceur ! Elle lui retire son collier de soumis pour jouer tout à son aise et pose ses mains autour de son cou. Elle serre un peu, s’amusant de le voir déglutir avec difficulté, avant de relâcher la pression. Ses mains remontent, recouvrent sa bouche, son nez, l’empêchent de respirer un instant. Il s’abandonne en confiance tandis qu’elle joue avec son souffle. Elle le libère soudain, il avale une bouffée d’air.
    — Merci Maîtresse.
    Il se prend une gifle.
    — C’est Madame !
    — Merci Madame…
    Des petites caresses remplacent les sévices. Des caresses légères, presque des chatouilles, qui courent le long de la peau douce de ses flancs, jusque sous ses bras.
    Jeannot reste de marbre, Celia le félicite en lui pinçant à la joue.  

à suivre…

***

   Pratiques et fétichismes évoqués

   – Féminisation, travestissement
   – Forniphilie : transformer une personne en meuble
   – Jeux uro
   – Massage des pieds
   – Trampling : piétiner
   – Breath play : contraindre la respiration
   – Tickling : chatouiller

    Photo : Film Hocus Pocus, les trois sorcières

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *