The Sinners Fetish Week-end

2023-12-02 10

   Le Week-end dernier, The Sinners nous proposaient deux soirées : La Black Edition, essentiellement consacrée aux jeux BDSM sans le regard des photographes, et La Sinners Fetish Party le lendemain, avec ses deux pistes de danse et des photographes immortalisant nos tenues et nos jeux, forcément plus sages (quoique…). Evidemment, il me fut impossible de choisir entre les deux ! (Pourquoi choisir !)

   Vendredi 15 décembre : Black Edition

   J’arrive tôt et je prends le temps de faire le tour des lieux, curieuse des jeux de lumière créés pour la soirée, une spécialité des Sinners ! Dans la grande salle du fond encore vide et résonnant de musique electro, mon regard est tout de suite attiré par une grande croix rouge lumineuse. Elle envoie des rayons de lumière rouges, baignant les équipements BDSM de reflets rouges : les cages, le banc, le trépied… Deux squelettes de part et d’autre de la scène nous confirment que nous venons d’être précipités en enfer (le paradis pour nous, créatures démoniaques !) et qu’un rituel satanique est sur le point de s’accomplir. (J’espère que quelqu’un a pensé à photographier cette chapelle ardente déserte, avant qu’elle ne soit envahie)
  C’’est le temps des bavardages et des retrouvailles – et des jeux en toute discrétion dans les alcôves libres, en attendant les convives. Je reste un long moment dans la petite pièce accueillant la société Svakom  qui présente sa gamme de sextoys. Depuis l’invention révolutionnaire du Womanizer, les innovations sont surtout d’ordre technologiques, et Svakom rivalise d’idées en la matière : l’un des sextoys projette un ciel étoilé au plafond, pour mieux lâcher prise, d’autres peuvent se connecter à des vidéos, de la musique, et vibrer en rythme. Des partenaires séparés peuvent aussi se connecter l’un à l’autre, et vibrer à l’unisson, en profitant des mêmes variations d’intensité…   
   Plusieurs hommes s’amusent à tester un sextoy pour homme, dans une ambiance joyeuse et taquine. Intruse dans cette réunion de garçons, le fou rire me gagne en écoutant leurs blagues et en les voyant comme des gamins avec l’engin. Chacun leur tour, ils plongent un doigt à l’endroit prévu, et se réjouissent de sentir le boitier le serrer, l’aspirer.
   — Hey, les gars, vous savez que c’est pour autre chose ? leur lance un nouveau venu.
2023-12-18 12

   Une banquette est aménagée au fond de la pièce, les responsables de la marque proposent de tester les sextoys en toute intimité, ils fermeront la porte et se porteront devant pour en interdire l’entrée. J’ai osé ! J’ai testé un sextoy qui m’attirait, une sorte de petite pieuvre à trois « tentacules », pour titiller les bouts de seins – et autre chose aussi, mais là je ne peux pas me prononcer. Très sympa, ce mouvement perpétuel, sans lassitude…mais sans intention aussi (sauf celle de notre imaginaire).
   La soirée démarre très vite, et même à toute vitesse… Souvent, le feu couve longtemps, avant que la soirée ne s’enflamme peu à peu. Là, c’est tout de suite l’incendie dans la grande cave. Je surprends des scènes oniriques, érotiques, autant de fantasmes qui prennent vie sous mes yeux…
   Dans l’une des grandes cages ouvertes, deux femmes agenouillées offrent leurs bouches, se font prendre… sous le regard de spectateurs massés autour de la cage. Une scène magnifique et fantasmatique ! Dans l’autre cage, un trio se forme et s’ébat, en un mélange de pratiques BDSM et d’étreintes. Plus tard, je verrai aussi une jeune femme à plat ventre sur une table du bar s’occupant d’un homme en face d’elle, pendant qu’elle reçoit une fessée. L’absence de photographes libèrent les jeux, les pratiques BDSM se teintent de sensualité, d’érotisme, à la vue de tous, pas seulement dans les cachots secrets.
    Le BDSM « pur » reste à l’honneur. J’ai l’occasion d’admirer une belle séance de fouet, une séance de martinets… je connais bien les deux protagonistes, et c’est un plaisir d’admirer leur gestuelle (merci à l’ami qui m’a prêté ses genoux pour que je puisse m’assoir, faute de place sur les bancs !).
   La croix noire en T se situe cette fois à l’écart, dans la petite pièce derrière le bar (bonne idée qu’elle ne soit plus dans le passage du bar). Une croix troublante pour la catholique que je suis ! Une belle jeune femme y est attachée torse nu, les bras en croix, et se fait fouetter en douceur le ventre, les seins.
   Plus tard, une fougueuse maîtresse y attache son soumis, elle le fesse, use de son martinet, avant de le pénétrer de son gode ceinture. Il se cambre, se plaint, s’offre… Je les regarde en coulisse tout en me faisant masser les pieds et en dégustant ma coupe de champagne, la première d’une longue série. Enfin une soirée qui propose du champagne ! Et ce soir, c’est une soirée « spéciale champagne », à l’instigation d’une amie qui n’aime pas trop les autres alcools – moi non plus, je la remercie en pensée.
   Je traîne donc régulièrement dans la partie bar, pour bavarder et trinquer. Un ami me demande de lui agrafer ses tickets boisson directement sur le poitrail pour ne pas les perdre. Je dois planter plusieurs agrafes dans sa chair pour qu’ils tiennent bien ! Je souffre pour lui, et c’est bon !
   Une amie romantique a choisi de piquer des roses avec toutes leurs épines dans l’élastique de sa robe, dans son dos d’abord, mais elles menacent de tomber. Je l’aide à les installer contre son ventre, veillant à appuyer pour que les épines s’enfoncent dans sa peau, et l’entendre soupirer de douleur et de plaisir à la fois. Plaisir de souffrir pour l’une, plaisir d’infliger une légère souffrance pour l’autre ! Je me pique un peu les doigts au passage, et cela me plaît de partager avec elle cette petite douleur, une connexion qui nous rapproche…  Je ne résisterai pas à humer ces roses à la moindre occasion, les repositionnant sur sa peau délicate espérant des tortures.
   L’une des petites pièces est consacrée au shibari. J’entrevois de magnifiques suspensions par l’un des meilleurs shibaristes qu’il m’ait été donné de croiser, Faust Shibari. Je rêve et je redoute à la fois de m’y essayer ! S’il veut bien un jour…
 
   Je voulais m’échapper tôt, pour être en forme le lendemain, mais je m’attarde, bavardant ici ou là avec des amis, fessant par ci par là, ou attirée par une chanson sur la piste de danse… J’ai sans doute manqué de belles séances, intenses, émouvantes, à mon grand dam, mais je suis moi-même fort occupée de mon côté, que ce soit dans des recoins sombres, ou sur la piste de danse où les DJ nous offraient nos tubes préférés… Vers 4h30, je reprends mes esprits et je pars à reculons.

   Samedi 16 décembre : The Sinners Fetish Party

  Le lendemain, je retrouve les Caves St Sabin avec joie, et c’est comme si je ne les avais jamais quittées ! La journée qui vient de s’écouler s’efface (je n’ai pas fait grand-chose ^^), et les deux soirées fusionnent en une seule et même grande soirée… Les photographes sont désormais présents, et les personnes ne souhaitant pas être prises en photos sont invitées à porter un bracelet en papier rouge (plutôt noir finalement sous les lumières rouges de la soirée !)
   Je fais le tour du propriétaire, je note les petits changements : les équipements BDSM de la grande salle ne sont plus là, afin de nous laisser toute la place pour danser, sauf les grandes cages où s’agitent encore les beaux fantômes de la veille.  La croix rouge cernée de rayons lumineux éclaire toujours le fond de la salle et donne le ton : la soirée sera joyeusement transgressive !
   J’aime beaucoup toutes les soirées The Sinners, mais cette fois, je ne sais pas ce qu’il s’est passé, j’ai vécu la soirée plus intensément que jamais…. Peut-être que le manque de sommeil me rendait légèrement « ivre » sans avoir bu, avec cette sensation de flottement et de rêve éveillé qui m’a donné des ailes… Il y a tant de possibilités, je pourrais revivre mille fois la même soirée sans m’ennuyer une seule seconde : on peut passer tout son temps sur la piste de danse et entrer en transe avec la musique, on peut aussi se consacrer aux activités kinky, bdsm dans les alcôves plus ou moins reculées des caves, ou hanter le bar entre les deux pistes de danse, « point central » des retrouvailles.

  J’arrive tôt en soirée cette fois encore, avec même dix minutes d’avance — merci au responsable de l’accueil de m’avoir fait entrer, avec mes deux camarades ! J’aime bien prendre mon temps au début, me laisser gagner par l’ambiance, avant de me lancer dans telle ou telle activité. J’aime cette sensation d’immersion progressive, cette plongée dans ce monde kinky régi par d’autres règles (ce n’est pas toujours le cas, aux Goûters du divin marquis, je peux « jouer » directement, « à froid » si je puis dire !). Le risque, c’est de s’éterniser en bavardages et retrouvailles, ce qui est très agréable aussi, mais le temps peut nous filer entre les doigts, et on est là aussi pour s’amuser.
   Heureusement, un ami soumis me donne un petit coup de pouce. Il me suggère d’essayer les jeux de bougie : tout est prévu dans la première alcôve derrière le grand dance floor. C’est trop tôt pour moi, j’ai encore envie de faire des mondanités, de circuler entre les groupes, saluer tout le monde…et puis je trouve que les bougies sont une pratique méditative, lente… je suis trop impatiente en soirée pour m’y adonner. Jusqu’à ce que je croise un soumis tenu en laisse par une dominatrice. Son dos est constellé de pastilles de cire, et sa maîtresse m’explique le plaisir qu’elle a eu à le couvrir de cire, et celui qu’elle va prendre toute la soirée à lui gratouiller le dos.
   Je suis une personne influençable, son enthousiasme est contagieux, je meurs aussitôt d’envie de l’imiter, et j’entraîne mon soumis vers l’alcôve qui vient de se libérer. J’allume une bougie à l’aide des petites bougies disposées le long de l’escalier, et je me transforme en sorcière d’un rituel mystérieux. Je me concentre sur la flamme mouvante, je sens que je m’apaise, je ralentis. Le reste de la soirée, musique, effervescence… s’évanouit, il ne reste que cette flamme, et le dos nu de mon soumis devant moi. Je penche la bougie, m’efforçant de bien viser. Il glapit, « Aïe ! » Je n’ai pas assez levé le bras, la bougie a beau être « basse température », ça brûle quand même un peu. L’objectif est de se faire du bien en faisant (un peu) mal ! Et de jolis dessins abstraits. Je lève le bras plus haut, tant pis si mes dessins sont moins précis. Mes oreilles sont chatouillées par les gémissements de douleur et de plaisir de mon soumis. Je déverse de longues coulées de cire sur sa peau, hypnotisée par la flamme et son dos pâle qui se couvre de larges gouttelettes de cire noire. Je finis par me ressaisir, il me faut laisser un peu de bougie pour les autres ! Une fois les paillettes de cire bien séchées, je m’essaye à les enlever au martinet. Mais j’ai beau cingler fort, elles restent accrochées, et je finis par les gratter de mes doigts… Je rêve d’avoir un couteau ! Ajouter un peu de danger au processus par le maniement d’une lame effilée… je n’ai que mes ongles, qui en profitent pour ajouter des griffures aux légères traces de brûlures.
   Je m’attarde ensuite au niveau du bar pour rire et bavarder avec des amis — un ami en particulier, qui ne dit que des horreurs et me donne le fou rire. On se taquine aussi avec d’autres irréductibles qui enchaînent les deux soirées comme moi, et arborent des mines plus ou moins défaites. Ceux et celles qui n’étaient pas à la soirée de la veille m’interrogent : « alors, c’était comment ? » Magnanime, j’essaie de ne pas leur donner trop de regrets, mais je devine que mes récits ne les laissent pas indifférents ! Je m’efforce ne pas trop m’attarder en bavardages, alors que les plaisirs de la danse et des jeux me tendent les bras, mais la joie des retrouvailles, même avec des personnes présentes la veille, me retient plus que de raison.
   Le bar, c’est aussi le lieu idéal pour admirer les belles tenues. Les tenues de latex ne me laissent pas indifférente, je pense en particulier à cette amie portant une magnifique tenue de religieuse, accompagnée d’un ou d’une amie dans une combinaison de latex noire le couvrant de la tête aux pieds. Tous les deux portent des cagoules intégrales, sans ouverture apparente ni pour les yeux ni pour la bouche. Fascinant… Elles me confient que ce n’est pas évident pour voir, tout est très sombre ^^
   Je recroise un ami équipé d’une canne à pêche, fine allusion au nom de la soirée ^^ Au bout de sa ligne, point d’hameçon, mais une plume, avec laquelle il me chatouille le cou, les épaules, les bras… délicieuses caresses !
   Le bar lui aussi est un lieu de jeux. J’admire une jeune femme mince allongée sur l’une des tables. Son ami fait lentement glisser une griffe chromée sur sa peau. Elle se cambre, réagit, entrouve la bouche, profitant visiblement de toutes les sensations. C’est très beau à regarder, et je l’envie ! Peu de temps après, je croise un chat de latex que je connais bien. Il porte des gants équipés de griffes d’argent et entreprend de me peigner les cheveux. Je proteste aussitôt, ça tire, j’ai plein de nœuds, je n’ai jamais le temps de tout démêler à fond ! Je l’oriente plutôt vers mes bras, et je goûte bientôt cette caresse de chat toutes griffes dehors sur mes bras, mes épaules, mon dos, mon cou… des caresses griffues délectables, je regrette que si peu de peau lui soit accessible ! Ce chat ne s’en tient pas là, plantant ses dents aigües ici ou là. Je me dérobe, je veux bien un chaton, mais pas un matou enragé !

   Je rejoins la grande piste de danse, mais au lieu de rester sur le seuil comme souvent (pour être prête à tout : non loin de l’espace de jeux et du bar, et sur la piste de danse quand même), je me faufile à travers la foule pour me retrouver tout devant, face au DJ et une amie dansant sur une scène improvisée. Elle me lance un sourire craquant en dansant. Je m’envole, je nage dans ce bain de musique, entourée de gens heureux de faire la fête, ayant soif de rencontres et de connexions.
   Je pourrais rester longtemps au milieu des danseurs, mais j’ai toujours envie de tout vivre à la fois. Je reprends mes déambulations entre les différents espaces de jeux, et soirée s’écoule comme dans un rêve,
   Je commence à sentir les effets de la fatigue, mais je ne me décide pas à partir « encore un tour, le temps de saluer tout le monde ». L’arrêt de la musique est comme un coup de tonnerre qui me surprend en pleine action : la soirée est sur le point de se terminer ! Je galope jusqu’au vestiaire, et me voici bientôt dehors dans le froid, alors que j’étais si bien au chaud au milieu de la foule, entourée d’amis, de musique et de jeux !

   Merci The Sinners pour ces deux très belles soirées ! Je les ai beaucoup aimées toutes les deux !
   Et mille bravos au staff : je suis à nouveau soufflée par l’efficacité souriante de toute l’équipe, que ce soit à l’accueil, au vestiaire et au bar, une équipe souriante à souhait ! (sans compter les hommes de l’ombre, je pense notamment aux spécialistes des effets lumineux). Mention spéciale au vestiaire, lieu de tous les dangers logistiques, évités haut la main… (j’ai eu le ticket numéro 2 les deux soirées…. Damned ! Mais qui est ce ticket numéro 1 qui me grille à chaque fois 😉

   Prochaine soirée :  Samedi 2 mars 2024 !

   Photos : mauvais selfies pris avant de partir : oreilles de chat vendredi, strict chignon (qui n’a pas tenu, le masque non plus d’ailleurs) samedi, et les photos des photographes Daniel Power et Olive the duck du samedi.

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   Pour en savoir plus

   Le site The Sinners 
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   Le site de Svakom

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