Sidérodromophilie, le retour

2019-11-30 13
    Et tout à coup, mon fantasme préféré se trouve à portée de main !

     Le Thalys, direction Amsterdam, à l’aller : on grimpe à bord avec allégresse, on se retrouve entre amis avec des petits cris de joie et d’excitation. Tout le monde se réjouit de l’escapade, de la soirée à venir, de l’aventure ; l’ambiance de fête est déjà là ! Les paillettes sur les paupières aussi…  
    Au retour, c’est une autre chanson. Le Thalys doit nous ramener à la maison, le cœur n’y est plus. L’effervescence de la fête est retombée, le sommeil nous gagne. Ça commence par une attente interminable dans les courants d’air glacés de la gare d’Amsterdam qui s’éveille à peine. Heureusement, Starbuck est déjà ouvert, et nous sommes quelques-uns à dodeliner de la tête devant un café géant.
    L’heure du départ approche ; clopin-clopant, claquant des dents, je rejoins le quai. Hagarde, je cherche le tableau de composition des trains, je questionne un homme au visage avenant :
    — Vous savez où se trouve la voiture 18 ?
    — Tout devant, le train est inversé…
    Ça me paraît louche, j’interroge un autre voyageur, avant de revenir vers le premier, qui m’avait l’air plus sûr de lui, malgré son amusant accent belge.
    Il m’accueille en me taquinant.
    — Alors, vous n’avez pas confiance en un cheminot, vous avez demandé à quelqu’un d’autre ! Vous avez cru que j’étais simplement un gentil voyageur, c’est ça ? 
    Il s’esclaffe et me montre son écharpe au logo Thalys. Je me sens légèrement confuse. Il enchaîne, peu rancunier.
    — On va avoir un peu de retard, on pourra peut-être le rattraper, comme c’est dimanche…
    Moi, compréhensive, alors que je me transforme en glaçon et que je suis au bout de ma vie :
    — Oh pas de souci, on a le temps, c’est le week-end !
    Il consulte sa montre.
    — Bon, je vais y aller, car c’est moi qui conduis le train !
    Ma fatigue s’envole aussitôt, je me sens des ailes ! L’heure est venue, enfin, de réaliser mon fantasme le plus cher ! Youhoo ! Je lui emboîte le pas, je cours presque. D’ailleurs, ma voiture est collée à sa locomotive. Je me lance, le cœur battant à 300 à l’heure :
    — Oh, j’ai toujours rêvé de monter dans la cabine, à côté du conducteur !
    Il sourit.
    — Vous avez 4000 euros ?
    — …
    — Oui, c’est le montant de l’amende si je me fais attraper avec une voyageuse !
    Ma déception est immense, il me console en ouvrant la porte de mon wagon, juste pour moi. Il s’incline et m’invite à entrer :
    — Vous allez pouvoir vous réchauffer !

    Sidérodromophilie : paraphilie liée au monde ferroviaire, attirance pour les trains et tout ce qui va autour : le cheminot, la locomotive, etc…)
    –
Il est temps de me trouver une autre paraphilie puisque je ne pourrai jamais l’assouvir !
   

4 commentaires

  1. Le Matou Liberti a écrit :

    Un peu déçu… je m’attendais à quelque chose de plus  » piquant  » ! Mais c’est bien gentil !!!

  2. Clarissa a écrit :

    La réalité est souvent un peu décevante ^^ mon fantasme était tout autre !

  3. Gortell a écrit :

    Attention, erreur dans le titre !

    1. Clarissa a écrit :

      Merci cher lecteur attentif, j’ai corrigé !

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