Page blanche

2023-07-06 10

   On parle souvent de « l’angoisse de la page blanche ».
   Je vois régulièrement passer sur mon fil FB des formations, des offres de conseils ou de coaching sur le sujet…  Moi, j’ai pas mal d’angoisses (inutiles) dans la vie, mais celle-là m’est étrangère ! Je ne sais pas si c’est une chance ou une malédiction, car une multitude de projets d’écriture se bousculent sans répit dans mon esprit. Je ne sais lequel choisir, je procrastine, j’en commence plusieurs à la fois et ne termine rien. Je préfère rester sur le seuil, avec toutes ces possibilités qui s’offrent à moi, car une fois que j’aurai choisi un projet pour de bon, il va éclipser tous les autres, occuper tout mon temps, m’enfermer avec lui sans échappatoire possible, longtemps !

   Mais c’est bon aussi de choisir enfin l’heureux élu (Je suis toujours sur le thème du projet d’écriture ^^) car d’expérience, pas de polyamour possible en écriture – de mon côté en tout cas :
   Ouvrir un nouveau fichier Word, un nouveau carnet… ce léger sentiment d’euphorie devant la page blanche, vierge encore de mes fantasmes et de mes ratures.
   La fraîcheur des débuts, le saut dans l’inconnu ! Rien n’est écrit encore, tout est possible. L’histoire se dessine dans mes pensées, se déroule comme un film, elle n’est pas encore dénaturée par la pauvreté de mon style laborieux, elle est intacte et étincelante. Bientôt, mes mains vont se poser sur le clavier, tenter de restranscrire maladroitement les images qui s’enchaînent dans ma tête comme des rêves, essayer de les saisir, les capter au vol. Elles vont sans cesse m’échapper, s’envoler ailleurs, ou ne me laisseront que des bribes, tel le lézard qui nous abandonne sa queue pour se sauver. Finalement, ce qui va s’écrire sera très différent de ce qui était imaginé. Le passage au concret ( l’encre sur le papier ou la frappe du clavier) les ancre, elles prennent racine, gagnent en réalité, et mes personnages deviennent mes amis imaginaires pendant des mois.

  – En revanche, si je n’ai pas l’angoisse de la page blanche, je vis  « l’angoisse des relectures et des corrections » !

Photo : hommage raté à Black mirror

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