Ma vie est un film X ordinaire

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    Ma série « corps de métiers » s’enrichit du livreur de Darty – c’est un peu comme les plombiers des films X qui arrivent super tôt, alors qu’on a pas encore eu le temps de s’habiller 😉
   Vaguement inspiré d’une histoire vraie…

***

    Je touille mon bol de céréales, pensive. J’attends la livraison de ma nouvelle machine à laver la vaisselle — il est temps, l’évier déborde de casseroles et d’assiettes sales, je suis au bout de ma vie ! Je me demande si j’ai le temps de me laver avant que le livreur de Darty n’arrive… mais ce serait une catastrophe s’il sonnait, que je n’entende pas sous la douche, et qu’il reparte, emportant l’indispensable équipement, essentiel à ma sérénité. L’évier ne peut plus accueillir la moindre petite cuiller ! Il me faudra faire tourner la future machine au moins trois fois de suite pour venir à bout de tout ce tas.
   Je préfère attendre, je vais juste mettre un joli peignoir de soie rouge aux motifs japonais. Une sorte de nuisette, comme un mini kimono, plutôt sexy, je dois l’avouer. Je le réserve à mes amants normalement, quand on se réveille après une nuit d’amour, histoire de réveiller leurs ardeurs. Ou aux inconnus qui viennent sonner à ma porte, du genre livreur de Darty justement. D’ailleurs, un livreur Darty peut devenir un amant imprévu ! Une sorte de cadeau bonus, pour me consoler d’être restée plusieurs jours sans machine.
    J’avale une gorgée de café, rêveuse.
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    Ding dong !
    Ah, c’est lui, mon livreur, j’ai bien fait de ne pas filer sous la douche ! Je lui ouvre, et je marque un temps, bouche bée. Il est beau comme un mannequin de chez Hugo Boss, et cette combinaison de travail intégrale toute bleue lui va à merveille, épousant à la perfection son corps musclé.
    Je l’invite à entrer avec empressement, et reste palpitante à ses côtés pendant qu’il installe ma nouvelle machine. Il se penche, fouille sous mes meubles de cuisine. Je louche sur ses fesses qui se tortillent pendant qu’il tâtonne pour trouver l’arrivée d’eau ou je ne sais quoi ; je n’y connais rien. Je tente quelques commentaires d’une voix suave, mais il reste concentré sur sa tâche.
    Il finit par se redresser, et sursaute en me découvrant si proche de lui.
    — Voilà Madame, c’est terminé ! Il vous suffit de signer ce papier…
   Je ne réponds pas, je scrute chaque trait de son visage, espérant les graver dans ma mémoire. Je voudrais le photographier !
   — Madame ?
   — Heu, oui, vous disiez ? Je pensais à quelque chose… j’écris un roman, et vous ressemblez parfaitement au héros de mon histoire. Puis-je vous prendre en photo, cela m’aidera dans mes descriptions. En échange, je vous offre un café ?
    — En échange, je préfère un baiser…
    Il se penche vers moi, pose ses lèvres sur les miennes. Mon cœur bat la chamade, je vais défaillir de désir. Dans l’émotion du moment, mon peignoir de soie a glissé sur la douceur de ma peau, il chute à terre, me voilà nue devant lui. Je vais ouvrir son bleu de travail pour faire bonne mesure ! Clic, clic, clic, les boutons de pression cèdent un à un, direction le paradis… !

    Ding dong !
    La sonnerie de ma porte d’entrée me réveille, mes fantasmes s’évanouissent, mon beau livreur disparaît. Mais peut-être que le vrai livreur sera à la hauteur de celui de mes rêves ?
  J’ouvre la porte, pleine d’espoir — après tout, ça existe les rêves prémonitoires !
  Stupéfaction : ils sont deux. Je n’avais pas pensé à ce détail !
  Il y un livreur aguerri qui porte gaillardement ses soixante printemps — au moins —, bedonnant, rougeaud et bon enfant. Il me parle à toute vitesse avec un fort accent d’un pays inconnu ; j’opine à tout hasard.
  Et il y a son apprenti, un garçon efflanqué et boutonneux, maigrichon comme un chat de gouttière, qui regarde fixement ses chaussures.
 Je rajuste mon peignoir de soie qui glisse déjà de mes épaules, comme un réflexe devant n’importe quel mâle, et maintiens fermement ses pans pour le refermer sur ma poitrine nue. Je fais un geste vague de la main pour leur indiquer la cuisine, et file dans la salle de bain. Ce n’est plus l’heure de jouer les geishas ! Je remplace ce coquin de peignoir par ma vaste robe de chambre en pilou pilou pelucheux, réservée aux soirées en solo devant des séries.
    Quelle déception ! Le service après-vente, tant vanté, n’est décidément pas à la hauteur… Je me plaindrai à Darty !

    Photos : « Desesperate housewifes »

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