Littérature érotique : les différents styles

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     Vendredi soir, sur Facebook, une discussion passionnée nous a réunis autour des différents registres utilisés dans la littérature érotique.

    Valéry K. Baran les a bien analysés au fil de ses lectures. Elle a identifié trois styles principaux dans les romans érotiques :
    1. Le style « vulgaire ». Des auteurs qui font la part belle aux mots les plus crus (bite, pine, chatte, la mouille, le foutre…),
    2. Le style « Purple prose ». Les auteurs préfèrent les ellipses poétiques et parlent de rose des sables, d’épée turgescente, d’antre secret…
    Valéry nous en fournit un exemple (traité avec humour) car nous n’étions guère familiers avec ce style là. 
Extrait :
« “Il approcha ses doigts agiles de sa délicate… fleur” ? Je constate déjà que tu te la joues poète…
— Allez, geignit le blond.

— “… enfonçant ses annexes de chair dans sa profondeur humide”, poursuivit le brun. “Une abondante cyprine s’écoula qu’il voulut goûter et en boire le nectar”. Bon appétit…
— Mais…

— “Il s’abreuva alors du jus de la belle”. Tu sais que tu m’en apprends ? J’ignorais totalement que ça faisait du jus, les femmes. On fait comment pour l’obtenir ? On appuie dessus ? »


    3. Le style « simple », ni spécialement vulgaire, ni particulièrement poétique.
    Chaque style a ses adeptes. Un style cru peut choquer ou gêner certains lecteurs et en exciter d’autres au contraire. Un registre trop onirique peut faire rire, fuir, ou séduire des lecteurs plus délicats…  
    Les idées ont fusé pour décrire la manifestation du désir féminin (c’est écrit en quel style ça au fait ? Anatomique ?). J’ai trouvé la liste tellement savoureuse que je la recopie ici :

    LeDormeur DuVol :
– « Ooohh Je crois sentir en moi couler une lubrification féminine typique d’une excitation de mon vestibule vaginal…  » . Version ultra intello-comico.
– « Oh, prend ma bouche, elle ne peut mordre, la voilà qui salive déjà. Entends le chant des papillons qui pleurent, vois les larmes couler. Oh, prend donc ma douce et chaude ruche qui déjà se pare de miellat. Entre enfin en ma demeure, de ce temple intérieur rempli l’obscurité. » Version littéraire poétique
    Valéry K. Baran :
– Version « simple »: « Putain tu m’excites » (dans la plupart des cas, quand une femme est excitée, elle se contente de le mentionner sans aller jusqu’à décrire ce qui coule de son entrejambe)
– Version plus « vulgaire » : « Oh, putain, tu me fais mouiller ! Touche comme ma chatte est toute trempée pour toi ! »
– Version « purple prose » : (bon, pas en dialogue parce qu’en dialogue, ce n’est juste pas possible) « Elle sentit une rivière chaude abonder en sa fleur intime et l’inonder, faisant se déverser des gouttes de rosées qui s’enfuirent sur les monts charnus de sa blancheur cachée « .
    Clarissa Rivière : « J’ai envie de toi comme jamais« . Version simple et romantique.
    Julie Derussy : « Tu me dilues la chatte d’un seul de tes regards. » Version littéraire.
    Frédérique Gabert : « Tu me rends liquide » Littéraire aussi.
    Jordane Cassidy : « Elle sentit sa féminité répondre sous ses doigts. Son excitation commençait à se manifester concrètement et il sourit à l’idée d’être aussi diablement efficace. Ses doigts maintenant bien humides allaient et venaient sans aucune gêne« . Version vraiment romancée.
    Octavie Delvaux : « je mouille comme une folle, vas-y mets ta main là, contre ma chatte, elle est trempée, c’est de ta faute, tu sais, t’as vu dans quel état tu me mets ? » Style cru.
    (A noter qu’un débat s’est instauré sur l’utilisation du mot « putain », courant dans le sud, discutable pour nos oreilles du Nord… )
    Avec mes remerciements à Valéry K. Baran, dont j’ai recopié le mur allégrement (avec son accord !)
    Toutes vos contributions et variations sont bienvenues pour compléter ces variations !

   Illustration prise sur le net

10 commentaires

  1. Bifane a écrit :

    Très amusant et assez juste, manque peut-être quelques paliers, nuances… mais c’est un sujet dont il n’est pas possible de faire le tour… C’est déjà un plaisir que d’y être invité avec le sourire.
    Dans la veine poético-réaliste, j’aime bien les envolées de Bashung. Un mec inspiré…

    1. Clarissa a écrit :

      Merci Bifane ! N’hésitez pas à nous proposer votre déclaration ;- ) Je regarderai les paroles de Bashung….

  2. Nicolas Lacharme a écrit :

    Il faut vraiment que je me modernise. On trouve visiblement des perles sur Facebook !
    Je confesse n’avoir vraiment aucun atome crochu avec l’ellipse poétique. Sans forcément ne donner que dans la cochonnaille crue, j’ai une nette préférence pour l’explicite… Le genre « regarde chéri… tu sens comme tu m’excite ? je suis inondée… ».

    1. Clarissa a écrit :

      Merci Nicolas ! Oui, je crois que je préfère moi aussi le style « simple », qui oscille quelque part entre le registre poétique et cru… ensuite, tout dépend des personnages que l’on choisit de mettre en scène !

  3. Clarissa a écrit :

    Oui, l’exercice m’a beaucoup plu, très amusant de décliner une même phrase dans plein de registres… on pourrait aussi choisir des personnages « type » : la bourgeoise, la libertine, la jeune fille… que diraient-elles ?

    1. LeDormeurDuVol a écrit :

      Je vois déjà « Avoir une érection » dit par le boucher, le militaire de carrière, le jeune wesh, ou le timide qui n’ose déclarer sa flamme…

      1. Clarissa a écrit :

        J’aimerais bien lire ça !

        1. Clarissa a écrit :

          Juju, il faut t’intéresser à ton épouse plus tôt dans la soirée peut-être ? Si tu viens vers elle à 23h, quand le film se termine (un film de guerre par exemple), je comprends que ta femme se soit endormie !

  4. juju051 a écrit :

    je vais essayer ta formule ce soir avec ma femme, , je connais sa réponse: arrête, je dors déjà!!! version simple et….pas romantique

  5. LeDormeurDuVol a écrit :

    A refaire…. peut être avec d’autres termes de l’amour et du plaisir….

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