Le frisson de la cire sur ta peau, extrait

   Mercredi 7 octobre, lors de l’émission « Pulsions » qui se déroule tous les mercredi de 22h à minuit sur erotikradio.com, Sofia nous a lu un extrait de notre roman écrit avec Julie Derussy, Le frisson de la cire sur ta peau.
   Pour l’écouter, cliquer ici.

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   Pour ceux qui préfèrent lire :
  
   « Il affecta de ne pas regarder le corps de la jeune fille et l’aida à enfiler la nouvelle robe. Il lui en coûtait de camoufler à nouveau ses formes adorables. Il aurait voulu la garder nue tout près de lui, la contempler à loisir, avant de la caresser des heures, tant sa peau lui paraissait douce. Ce jour viendrait, mais d’ici là, il allait se montrer patient et l’apprivoiser petit à petit.
   Juliette frissonnait entre les mains de son patron. Oh, rien d’équivoque, il ne la touchait que par nécessité, pour l’aider à changer de robe. Elle le regrettait presque, ces effleurements lui plaisaient. C’était à chaque fois une brusque chaleur dans son cœur, qui irradiait tout son corps, et la tendait vers lui. Elle n’esquissait pas un geste, bien sûr. Qu’aurait-il pensé ! Qu’elle se jetait sur lui comme une fille de mauvaise vie ? Elle se laissait faire, s’abandonnait entre ses mains, heureuse d’être une poupée de chiffons avec laquelle il s’amusait.
   Sylvain s’oubliait en habillant la jeune fille. Le grand directeur disparaissait, il ne restait que l’homme amoureux du corps des femmes, le couturier qui savait mieux qu’elles ce qui leur allait, les magnifiant par un choix d’étoffes audacieux. Là, il devait se contenter de la soie noire des uniformes, mais ce modèle seyait bien à ce corps gracile. Il piqua quelques épingles avec adresse.
   — Voilà, vous êtes jolie à ravir ! Vous savez coudre, je suppose ? Vous reprendrez les ourlets, la robe semblera cousue sur vous ! Vous avez une taille d’une finesse admirable, ce serait dommage de ne pas la mettre en valeur ! Votre gorge aussi mériterait d’être montrée, oh sans excès bien sûr, vous n’allez pas au bal… pas encore ! la taquina-t-il.
   Juliette rougissait sous les compliments et son cœur se serrait de bonheur. Qu’il était doux de se faire dorloter ainsi ! Elle se sentait capable d’affronter toutes les corvées maintenant, toutes les moqueries. Ce moment avec le directeur resterait dans ses pensées et lui donnerait du courage quand il le faudrait.
   (…) Elle se contemplait dans la glace quand son regard croisa celui de Sylvain, ardent, dévorant. Il semblait sur le point de vouloir la manger toute crue. Cela ne dura qu’un instant, déjà Sylvain reprenait son masque affectueux et distant à la fois et Juliette pensa avoir rêvé. Elle resta remuée cependant, indécise, espérant malgré elle, elle ne savait quoi. Ce fut elle qui écourta leur rencontre. »
  

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