L’amour au temps du confinement

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   Nous menons une vie décloisonnée, travail et loisirs se mélangent joyeusement dans nos maisons… à nos risques et périls 😉

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   L’épidémie gagne encore du terrain, le télétravail, quand il est possible, est devenu obligatoire.
   Leur vie de couple en est toute chamboulée. L’appartement, qu’ils appréciaient de retrouver le soir pour se ressourcer, se détendre, s’adonner à des plaisirs de toutes sortes, est désormais leur lieu de travail.
   Ils ont d’abord essayé de transformer le salon en open space, avant de renoncer : lui enchaîne les réunions en visio toute la journée, quand elle a besoin de calme et de musique pour travailler.
   Leur chambre est devenue un bureau, équipé de plusieurs écrans où défilent sans fin des colonnes de chiffres, dans un brouhaha incessant de conversations.
   Ils n’ont pas le même rythme : lui est frais et dispo dès potron-minet, habillé et fin prêt devant ses écrans, quand elle se réveille difficilement. Elle traîne, musarde, drapée dans son kimono de soie. Elle papillonne sur instagram, touille son café, puis son thé, et encore un café… avant de se résoudre à rejoindre la salle de bain ; la matinée est déjà bien avancée.

   Quand elle sort du bain ce jour-là, une bonne surprise l’attend !
   – En général, elle se fait toute petite pour choisir ses vêtements dans l’armoire et s’habiller en catimini : une réunion Zoom bat son plein, elle ne doit pas faire de bruit. Elle enfile ses sous-vêtements avec d’infinies précautions, pendant qu’il échange avec ses collègues. Elle capte certains mots : budget, bénéfices, marges, participation, coûts ; c’est du sérieux.
   Mais ce matin, pour une fois, le calme règne dans la chambre-bureau. Mieux encore, l’homme sirote son thé et baille aux corneilles ; il s’offre une pause bien méritée.
   Elle s’enflamme, c’est le moment ou jamais ! Elle fait valser sa serviette de bain et apparaît dans toute sa nudité, sculpturale – elle l’espère du moins. Elle s’étire et l’appelle :
   — Chéri, c’est la pause-café on dirait ! J’arrive à temps !
   Il se lève et la considère avec gourmandise. Elle voulait le taquiner, l’embêter, le provoquer, mais la voilà prise à son propre piège, il a bien l’intention de la prendre au mot. De la prendre tout court. Il s’avance vers elle en la regardant fixement, pose ses mains sur ses seins, les fait glisser sur sa taille, ses hanches…
   Elle pense un instant à ses dossiers en retard, aux notes de synthèse promises qu’elle doit envoyer, avant de tout oublier et rendre les armes ; ça fait trop longtemps.
   Il n’y a pas de temps à perdre, sa pause ne dure qu’une dizaine de minutes. Le lit défait leur tend ses draps. Il lui offre à peine quelques caresses avant de descendre directement entre ses jambes, pour y glisser une langue délicate. Elle se débat, rue ; sa langue est d’une douceur insupportable sur son sexe humide de désir. Il la maintient de ses deux mains, elle ne peut s’échapper. Elle s’abandonne à sa poigne de fer et sa langue infiniment douce. Elle se laisse faire, profitant de ce cadeau inespéré un matin de semaine.
   Elle est tellement excitée, son plaisir ne tarde pas, il monte, irrésistible, enfle, avant d’exploser dans tout son corps et lui faire perdre la tête. Elle gémit, crie, se tord ; il la lèche toujours, jusqu’à ce qu’elle se détende enfin. Elle l’attire contre elle, murmurant mille déclarations et le serre dans ses bras, fort. Ils s’aiment dans l’urgence, passionnément, jusqu’à ce que l’orgasme le foudroie à son tour. Il s’abat sur elle en râlant de plaisir.
   Ils ne s’attardent pas dans les bras l’un de l’autre. Ils aiment pourtant les paresseuses caresses après l’amour, mais le devoir les appelle. Légèrement coupables de ces instants volés à leurs entreprises, ils regagnent chacun leurs postes de travail.
   Elle lance sa musique, et respire, heureuse. Jusqu’à ce qu’un juron étouffé lui parvienne de la chambre. Elle se sent chuter de mille mètres, une chute intérieure vertigineuse qui se termine par l’arrêt de son cœur : la réunion Zoom avait repris, et, miracle de l’informatique, son chéri en était, Dieu sait comment… un moment d’inattention avant de se mettre en pause, une fausse manip, un bug ?
   Heureusement, les participants n’ont pas eu l’image ; juste le son.

   Photo : prise sur le net

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