La Nuit élastique et La Monarch

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    Samedi soir, j’ai repris courageusement mon bâton de pèlerin de chroniqueuse des soirées parisiennes underground, et, ne reculant devant aucun sacrifice, j’ai participé à deux soirées – Que ne ferais-je pour vous tenir au courant 😉 – : La Nuit élastique, la soirée fetish-BDSM historique de Paris, et La Monarch, une soirée techno née il y a deux ans, la grande sœur de la Squat dont j’ai déjà parlé ici et .
    J’étais allée à la toute première Monarch, attirée par le son, l’ambiance libérée, mais j’avais lu flyer un peu vite à l’époque, ce n’était pas une soirée fetish comme je le pensais, mais une soirée techno gay en majorité. J’avais passé une excellente soirée, super ambiance, et je m’étais promis de revenir, jusqu’à ce que je découvre la Squat, qui reprend le côté techno et sexualité libre, avec une tonalité fetish et BDSM – what else !

2021-11-13 21
    Place d’abord à la Nuit élastique, qui a l’avantage de commencer tôt : ouverture des portes dès 21h ! (Pourquoi la plupart des soirées commencent-elles si tard, vers 23h, minuit ? Le nombre de fois où je m’endors à moitié sur mon canapé en attendant l’heure de sortir dans le froid…). La Nuit élastique se déroule toujours au Next, club gay au centre de Paris, privatisé pour l’occasion. Très bonne surprise, le club a été rénové, tout en restant « dans son jus », il y fait bien chaud partout. Presque trop chaud soupire un ami, engoncé jusqu’au cou dans une combinaison de cuir. Je me souviens d’avoir eu froid parfois avant ; je me réfugiais au coin fumeur, très sympa : une grande table, où tout le monde s’accoude en fumant et fait connaissance.
    Nous nous amusons à visiter les lieux de fond en comble pour noter tous les nouveaux aménagements. Le club s’ouvre sur un bar, où tout le monde se rassemble en début de soirée ; en sous-sol se trouvent la piste de danse et les espaces de jeux. Tout au fond, on avance à tâtons dans l’obscurité, je devine une sling, et quelques silhouettes immobiles. J’explore un box, et soudain, une main sort du mur comme dans les films d’épouvante et me fait sursauter ! Ce que j’avais pris pour une trappe fermée est en fait une ouverture ! Nous rions de bon cœur, et une nouvelle mi érotique mi terreur se dessine dans mes pensées… Nous remontons vers la lumière, le bar où je retrouve avec joie des habitués, des amis, et quelques inconnus.
    L’ambiance monte peu à peu, le DJ est bien décidé à ce que tout le monde se bouge sur la piste de danse, car là on ne fait que bavarder. Il change radicalement son style de musique, fini la techno soft, nous voilà plongés dans le meilleur des années 80, 90 : Depeche Mode, The Cure, Mylène Farmer, Madonna… on ne quitte plus le dance floor ! Toute le monde danse, des rapprochements se font, certains s’éclipsent… Une jolie queer en robe de latex se fait attacher à la croix de St André. On s’approche au plus près du son en remontant près du bar, et on perd la tête avec tous les tubes de Nirvana, Oasis… mmm, c’était bon ! Le DJ se fait taquin, il joue avec nous, et clôt son set avec des slows. On ne boude pas notre plaisir, c’est parti pour les slows, le tout en tenues fetish, armés jusqu’au dents de clous et de cuir !
    — Il n’y a qu’à la Nuit élastique que je peux faire ça, une séquence comme dans les booms du collège ! me glisse le DJ.
    La musique techno cool reprend et les danseurs se dispersent pour s’adonner à leurs activités préférées et leurs vices variés. Je sirote une coupe de champagne pendant que mon soumis me masse les pieds, tout en regardant les films fetish pornographiques qui me fascinent toujours à la Nuit élastique : créatures de latex évoluant et se prenant les unes les autres, breath play… L’organisateur me confie que je suis la seule à boire encore du champagne ! Mince… une coupe de champagne reste pour moi le symbole de la fête !

    La Nuit élastique, chère à mon cœur, puisque c’est là que j’ai rencontré mon soumis de soirée, et vécu plein de moments mémorables ! L’une des premières à avoir repris à la fin des confinements ; elle a toute sa place dans l’univers des soirées BDSM, avec sa « patte » particulière.

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    La Monarch

    Il est déjà plus de 2h, je me suis promis de profiter aussi de la Monarch, et nous levons le camp ; changement d’ambiance radicale au programme ! J’ai envie de techno hard !
    Vingt minutes de tapis volant plus tard et malgré une petite galère sur l’adresse indiquée, nous arrivons à bon port. (Je me dis que ma note Uber va baisser, réflexe d’une bonne élève qui pense à sa moyenne ^^)

    Dès l’entrée des Caves du Chapelais, c’est le choc après la soirée intimiste que nous venons de vivre : la foule ! Une foule de garçons torses nus, mettant en valeur leur poitrail par des harnais de cuir. Nous descendons un long escalier, comme une descente en enfer, je sens la chaleur me gagner, le son me parvient enfin, je frémis d’impatience.
    Et là je tombe sur des amis de soirées ! On est ravie de se revoir et d’échanger les dernières nouvelles.
    Pressée de me jeter dans l’arène, je fais l’impasse sur le vestiaire, on se trouve une cachette où déposer en tas nos sacs et on se jette sur la piste de danse qui jouxte le bar. Une grande cave sombre, toute éclairée de rouge, où tout le monde s’agite dans un brouillard de chaleur, comme si le son gagnait en consistance, s’épaississait autour de nous. Je me faufile parmi les danseurs, j’ai envie de mon bain de foule au milieu des corps moites, de baigner dans le son techno jusqu’au cou, de sentir nos cœurs battre au son de la techno !
    Le long des murs, des étreintes entre garçons se devinent dans la pénombre, ils s’embrassent, et plus encore.
    Nous alternons entre la danse, et les pauses au bar, j’envoie aussi mon soumis explorer les backrooms ; je me dis que je ne serais peut-être pas bienvenue si j’entrouvre le rideau. Il hésite.
    — Je vais me faire attraper !
    — C’est un risque à courir… mais ne t’inquiète pas, le maître mot ici comme partout, c’est le consentement.
    Une soirée libre, safe, pleine d’énergie sexuelle virile, hétéro friendly, j’adore ! Même si on dénote peut-être avec notre côté fetish. Mon soumis s’agenouille, il s’apprête à masser à nouveau mes pieds sensibles d’avoir tant dansé. Notre manège attire les curieux, deux garçons tout sourires m’abordent :
    — C’est une demande en mariage ? s’amusent-ils.
    — Non, non, c’est mon soumis !
    — Ah cool, on s’inquiétait !
    Un autre garçon s’intéresse, il aimerait en savoir plus sur les pratiques BDSM, vivre une initiation peut-être… Je lui donne un mini aperçu de l’éventail des possibilités, avant de lui conseiller de venir à la Nuit du divin marquis du 20 novembre et à la Squat du 27 novembre pour creuser la question ! Peut-être une initiation en perspective qui sait, j’aime bien les nouveaux 😉

    Bientôt 6h, nous nous arrachons avec difficultés à la musique et l’ambiance. Infatigable quelques minutes auparavant et encore pleine d’énergie, je m’endors à peine le métro démarre, tandis que mon soumis veille à ce que l’on ne rate pas notre arrêt.
   

    Pour en savoir plus :
    La page Facebook de La Nuit élastique
    La page Facebook de La Monarch

   

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