Jeu de piste – Chap.4 Passage à l’acte

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   Résumé des épisodes précédents : un inconnu me lance des défis pour me faire goûter aux joies de la soumission.
   Après un peu de shopping chez Dèmonia et chez Métamorph’Ose, il est temps de se frotter à la réalité !

***

    Chap.4 Passage à l’acte

    Un message de Thibault m’attend quand j’arrive chez moi, je l’ouvre un peu anxieuse ; j’ai aperçu un émoji « pas content ».
    — La robe te va très bien ! Mais tu as triché en portant une cape, tu auras un gage…
    — Ce n’est pas moi, c’est la vendeuse qui m’a conseillée de la garder, à cause de la censure Facebook vous comprenez…
    — Et tu accuses ton amie en plus !
    Je préfère ne plus me défendre de peur d’aggraver mon cas. J’ai chaud tout à coup, je ne respire plus, dans l’attente de son message. « Thibault écrit » m’indique Messenger pour me faire patienter, mais cela ne fait que me torturer encore plus… Je suis à l’agonie !
    — Je te révèlerai ton gage plus tard. Tu seras à la hauteur j’en suis sûr ! Te voilà maintenant bien équipée, il est temps de partir à l’aventure dans une soirée. Tu as déjà ton billet, si j’en crois ton « je participe » sur l’événement Facebook, mais je t’aide trop là, alors que j’ai prévu une super énigme dont j’ai le secret !

    Ton prochain défi t’attend dans des caves voûtées proches d’une célèbre prison disparue. Tu y es conviée en compagnie d’autres pêcheresses et pêcheurs pour expier tous ensemble et vous adonner joyeusement à toutes sortes de perversités !

    Je vois très bien !
    — La Sinners Fetish Party ! La nouvelle soirée qui se lance…
    — Oui, c’est bien elle ! Et voici maintenant ton défi : vivre un moment de soumission, avec un dominant que tu choisiras.
    — Mais j’ai déjà prévu d’y retrouver des soumis !
    Je compte mentalement ; au moins trois soumis espèrent passer un petit moment avec moi, je suis très tentée de les malmener tous, je n’arrive pas à choisir ! Et je ne suis pas prête à me soumettre, encore moins si ce n’est pas à mon mystérieux maître.
    Je pourrais presque entendre Thibault soupirer de mon manque d’empressement à lui obéir. Il s’explique :
    — T’ai-je dit que tu devais passer toute la soirée comme soumise ? J’ai seulement évoqué un moment de soumission… Le reste de la soirée t’appartient ! Mais pour une demi-heure minimum, plus si tu le souhaites, tu appartiendras à quelqu’un !
    — Et si personne ne me plaît ?
   — Je parle d’un moment de jeu, pas d’une nuit d’amour ! Allons, assez de prises de tête… Souhaites tu poursuivre le jeu oui ou non ?
    — Oui Monsieur !
   — Arrange-toi pour poser avec ce Maître devant l’un des photographes de soirées… Bien sûr, tu devras porter ton collier, mais je te laisse libre du reste de ta tenue.
    Dieu merci, Thibault ne me demande pas de publier un récit ! Je garderai donc secret tout ce qui se passera pendant cette fameuse demi-heure et je raconterai ce qui me chante sur mon blog !

    Je retrouve avec grand plaisir ce lieu que j’adore, plusieurs caves moyenâgeuses en enfilade vibrant déjà de musique rock et dark electro. Les différents soumis avec qui j’ai plus ou moins rendez-vous viennent se rappeler à mes bontés avec mille courbettes et belles paroles mielleuses : « Madame, vous êtes si belle », « Madame, je ferais tout pour vous », « Maîtresse, Maîtresse, je vous offre mon corps… « . Le bla bla habituel des soumis qui m’amuse toujours beaucoup !
    J’interromps le chœur des vierges.
    — J’ai d’abord une épreuve à accomplir avant de m’occuper de vos fesses ! Et ne me regardez pas comme des lapins pris dans des phares, je suis switch, je ne m’en cache pas… Si vous m’adoriez tant que ça, vous me suivriez sur mon blog et vous seriez au courant, bande d’ingrats !
    Sur ce, je m’éloigne comme une reine en agitant la main pour les saluer, ignorant leurs lamentations et leurs excuses foireuses. Ils me font rire ! On se revoit tout à l’heure… Je soupire en croisant les danseurs qui s’éclatent déjà. Plus tard ! Le temps de la fête n’est pas encore venu ! Ou du moins, une autre fête m’attend pour l’instant. Je me dirige frémissante vers les espaces de jeux ; autant obéir tout de suite à Thibault pour avoir l’esprit libre ensuite.
   Je m’approche de la croix de St André. Un ami que j’aime beaucoup fouette une jolie soumise. Il y va de bon cœur, il frappe de toutes ses forces, avec son martinet aux longues lanières de cuir. Je les regarde un moment, troublée par le bras musclé de mon ami maniant le martinet, les tressaillements de sa soumise, dont la peau se couvre d’un voile de sueur. Au bout d’un moment, il la libère, ils s’enlacent, et la jeune femme se fond dans la foule des danseurs. J’en profite pour m’avancer et l’embrasser.
    — Tu me rendrais un petit service ?
    — Dis-moi !
    — Si tu n’es pas trop fatigué, j’aimerais bien vivre une petite séance de martinet, en douceur, tu vois ?
    — Avec plaisir très chère ! Je te connais tu sais, tu peux me faire confiance, je sais m’adapter. Appuie-toi contre la croix de St André en me tournant le dos !
    J’ai le souffle coupé, je pensais avoir un peu de temps pour me préparer, qu’il allait préférer fumer d’abord, ou boire un verre… Je rassemble tout mon courage et m’exécute.
    Il accroche mes poignets aux menottes et remonte le bas de ma robe, pourtant très courte déjà, pour libérer mes fesses. Elles ne sont plus protégées que par ma culotte en dentelles. Je remercie le ciel qu’il ne me demande pas de l’enlever ! J’espère que les coups de martinet ne vont pas abîmer la fine dentelle… Je m’en veux de penser à ça dans un moment pareil ! Je ferme les yeux et me concentre. Nous ne parlons plus, mon cœur s’accélère, je le sens cogner dans ma poitrine. La crainte d’avoir mal ? Je ne pense pas, j’ai confiance en mon ami, il ne cherchera pas à me faire mal, il n’est sadique qu’avec les masochistes. La crainte de vivre une expérience nouvelle, et d’aimer ça plutôt !
    Il frappait avec puissance un instant auparavant, mais cette fois, il retient ses gestes, m’effleure, et m’offre plus une séance de caresses qu’une véritable séance bdsm. J’aime ces caresses de cuir qui chauffent ma peau ! Mon ami doit sentir mon enthousiasme, car il renforce un peu son mouvement de bras, le cuir s’abat de façon plus cuisante sur mes fesses, plus vite, fort. Je n’ai aucun répit, et mon corps s’habitue peu à peu à ces sensations. Je tiens bon, pour dépasser le stade de la douleur, et effectivement la douleur recule, s’efface, pour laisser la place à autre chose… une sensation différente, presque bienheureuse. Mais mon ami ne me laisse pas en profiter longtemps, cherchant déjà à m’emmener plus loin. J’ai peur soudain, je préfère arrêter ; je me vois déjà avec les fesses lacérées et écorchées vives !
    — Elles sont à peine rougies, me rassure-t-il. Alors, cela t’a plu ? C’est mieux d’y aller doucement la première fois…
    — C’était en douceur, ça ?
    Je crie presque. Il éclate de rire.
    — Pour moi, oui ! Il faut dire que je n’ai pas l’habitude des « douceminatrices » curieuses ! Je fréquente surtout des joueuses et des masochistes aguerries !
    Il me libère de la croix et me serre dans ses grands bras. Je fonds ! Le meilleur dans le bdsm, c’est quand même l’after care ! Mais je n’en ai pas fini avec lui :
    — Je peux te demander une dernière faveur ?
    — Si c’est un verre, avec plaisir, j’ai envie d’en prendre un moi aussi !
    — Non, enfin, oui, je veux bien, merci ! Mais il y a autre chose : j’aimerais que l’on pose ensemble tous les deux devant l’un des photographes de la soirée.
    J’avise Marc du coin de l’oeil, notre photographe de soirée préféré ; il n’est jamais bien loin.
    — Marc, tu voudrais bien nous prendre en photo ?
    Il est déjà en train d’appuyer sur le déclencheur. Mon ami pose avec son martinet bien en évidence, pendant que je tente d’arborer une mine modeste pour jouer les soumises. Mais il me chuchote des bêtises, et c’est raté, j’éclate de rire.
    Marc s’éloigne avec un petit signe et je roue de coups mon ami.
    — Tu exagères de me dire de montrer mes fesses plutôt, pile au moment où il me photographie ! Thibault va croire que je m’éclate !
    — Et alors, ce n’est pas le cas ? Tu ne t’éclates pas ? Et c’est qui ce Thibault à qui tu veux raconter des salades ?
   Accoudés au bar pendant qu’on attend nos boissons, je me confie à lui ; peut-être voit-il de qui il s’agit ? Mon ami secoue la tête.
    — ça peut être n’importe qui dans le milieu ! Je ne connais pas de Thibault, mais comme tu me l’as dit, il s’est sans doute créé un faux profil pour jouer avec toi. Amuses toi, ne te poses pas trop de questions, il a l’air bien ce garçon ! Et je suis là si tu as besoin de parler…
    — Merci !
    Après un dernier hug, je rejoins mes trois soumis. Ils m’ont suivi partout comme des chiots, la langue pendante, me jetant des regards éplorés. Quel cinéma ! S’ils essaient de me culpabiliser, ils vont prendre cher !
    — Messieurs, nous allons d’abord danser, laissez-vous emporter par la musique, donnez tout, mettez en valeur vos corps…
    Ça couine à qui mieux mieux; j’ai envie de rire, je sais bien en réalité qu’ils sont venus pour les pratiques bdsm, les fessées, le fouet, et toutes les tortures dont ils raffolent. Danser, très peu pour eux ! Mais ils sont soumis, oui ou non ? Alors, c’est le moment de le prouver ! En piste !

   Le lendemain, je sors du coma vers midi, dans le brouillard total, et me jette sur mon téléphone. Thibault m’a écrit. Me voilà soudain complètement réveillée ! Un nouveau message de lui, c’est comme avaler dix cafés d’un coup, sans oublier le cœur qui bat à cent à l’heure !
   — Tu t’es bien amusée il me semble à la Sinners fetish party ! Et tu as réussi ton épreuve, je te félicite ! Tu t’es livré à un Maître comme je te l’avais demandé.
   — Merci Monsieur !
   — J’ai un bémol quand même, tu étais censée te soumettre une demi-heure minimum, et ça a duré moins de vingt minutes… et tu ne t’es pas montrée très soumise ! Tu t’es arrangée pour te retrouver dans une situation confortable, avec quelqu’un que tu connais bien, aux petits soins… bon, après tout, tu étais libre de choisir ton partenaire.
  Je déglutis. Il est vraiment bien informé ! Comment le sait-il ? Qui est Thibault en réalité ? Il semble bien connaître le milieu, et depuis le temps que j’y traîne, on a sûrement dû se croiser… Je tente de me justifier comme je peux.
   — Heu, je n’ai pas senti le temps passer… aussi lentement… Je ne pouvais pas regarder ma montre, j’avais les bras en l’air, attachés. J’ai cru rester bien plus longtemps avec lui ! C’était nouveau pour moi, l’une de mes premières séances de martinet ! Et ça chauffait bien déjà…
    — Tes explications ne me convainquent pas, tu aurais pu charger une amie du respect du temps par exemple. Tu auras droit à une épreuve spéciale pour te punir d’avoir écourté la séance !
  Je souris toute seule. Voilà qui va rallonger le jeu ; j’espère qu’il se rappellera aussi de mon gage précédent, pour avoir posé avec la cape en dentelles au lieu de me montrer à moitié nue sur les réseaux !

À suivre…

***
 
    La soirée existe bel et bien, elle aura lieu ce soir aux Caves St Sabin : The Sinners fetish party ! On s’y retrouve ?

        Pour en savoir plus

    Le site de la boutique The Sinners
    La page Facebook
    L’événement Facebook de la Fetish Sinners party
    Le compte Instagram

1 commentaire

  1. Mick_lars a écrit :

    J’avoue avoir eu le plaisir coupable de vous imaginer livrée à la morsure du martinet.

    Et puis pour bien punir ne doit ont pas déjà avoir été puni soit même ?

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