Je l’aime à nourrir, de Viviane Renaud

viviane Renaud

   Je viens de lire Je l’aime à nourrir, de Viviane Renaud, son nouveau roman sur le « feeding », ou nourrissage.
   Il s’agit d’une paraphilie autour de la nourriture. À première vue, cela peut s’apparenter à une relation BDSM: une personne dominante, le feeder, gave sa feedee afin de lui faire prendre un maximum de poids.
   – Dans le BDSM, tous les fétichismes sont bienvenus entre personnes majeures et consentantes, même les plus honteux, tant qu’ils sont « sains, safe et consensuels », mais ce n’est pas le cas ici puisque le feeding est une pratique dangereuse pour la santé : diverses pathologies surviennent en raison de la prise de poids, et une perte d’autonomie s’installe à partir d’un certain poids. La personne nourrie peut alors devenir complètement dépendante de son feeder.  

   L’histoire  

   La vie n’est pas tendre avec Joséphine : elle doit faire face au décès de sa mère et de sa meilleure amie. Sa vie professionnelle comme sentimentale n’est guère satisfaisante et, comble du désespoir,  elle est contrainte de quitter son appartement. Elle lutte contre la dépression et ses tendances boulimiques.  
   Joséphine croise la route de Philippe, un coach censé l’aider. Il va la prendre sous son aile, sous sa coupe plutôt. Cette jeune femme fragilisée par les épreuves, vulnérable et manquant terriblement de confiance en elle, se révèle une proie facile.
   Nous partageons les doutes et les pensées de Joséphine et suivons son cheminement pas à pas vers l’inexorable. Notre cœur se serre en voyant le piège se refermer autour de cette jeune femme trop peu méfiante, flattée que cet homme s’intéresse à elle, se montre attentionné. Elle est seule, c’est une proie facile pour lui, il lui assure aimer les femmes rondes, voire très rondes, il souffle le chaud et le froid pour mieux « ferrer » sa protégée. On aimerait lui crier « Joséphine, fais attention ! Un thérapeute ne devrait pas dire ceci, ou faire cela, méfie-toi ! « 
   L’intrigue s’accélère alors, et nous suivons, impuissants, le parcours de Joséphine et sa prise de poids phénoménale. Phil va toujours plus loin, malgré les premiers signes d’inconfort.

   Viviane Renaud signe là un roman oppressant, poignant, j’avais l’impression d’avoir du mal à respirer, comme l’héroïne. Tout phénomène d’emprise est terrible, et celui-là particulièrement. Il est écrit du point de vue de Joséphine, avec en fin de chapitre, quelques lignes en italique du point de vue de Philippe, glaçantes.
   L’autrice décrypte parfaitement ce phénomène d’emprise qui s’installe à travers la nourriture. Son roman nous ouvre les yeux sur cette pratique et dénonce sa perversion, à l’heure où il semble que le feedering (pratiqué principalement aux Etats-Unis) arrive en France, et séduise certaines personnes, y compris très jeunes. (Un compte instagram destiné à  favoriser les rencontres entre jeunes m’a choquée. Ce réseau social qui traque scrupuleusement le moindre téton ou fesses nues, mais permet de s’adonner à des pratiques dangereuses pour la santé, devrait revoir ses priorités !)

   La présentation de l’éditeur

   Joséphine, jeune femme fragile et influençable, perd ses points de repère après la mort de sa mère et de sa meilleure amie. Cyclothymique, dévastée par des crises de boulimie extrême, elle lutte pour sa survie psychique.
   Lorsqu’elle rencontre Philippe, coach de vie pervers et sexuellement immature, sa vie bascule.
   Par le biais d’un strict contrôle alimentaire, le manipulateur prend pleins pouvoirs sur sa victime, l’entraînant au fil du temps dans un effrayant processus de dépersonnalisation.
   Un aller, sans retour ?

   Pour le commander
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