Fin de soirée

kink me

   Petite anecdote de fin de soirée…

   Dimanche dernier, vers 5h30, je quitte la Kink Me,  déjà nostalgique. J’ai passé une super soirée : son de folie, retrouvailles entre amis, jeux variés à tous les étages… mais il faut bien s’arracher de ce monde à part, malgré les rencontres de dernière minute sur le banc du vestiaire !
   Je remarque du coin de l’œil un homme cagoulé qui semble attendre près de la sortie. C’est toujours un peu inquiétant une cagoule, ça évoque des braquages de banque, des enlèvements… mais dans une soirée kinky ou fetish, cela peut être un accessoire. Je me mets en route vers le métro, téléphone en main pour trouver mon chemin.
   Je suis seule dans la banlieue déserte, le soleil n’est pas encore levé, mais je ne suis pas inquiète. Je suis encore portée par l’énergie de la soirée, électrisée des pieds à la tête, et je marche dans une zone tranquille d’entrepôts et de grossistes fermés. En cette heure matinale, il n’y a ni voitures, ni piétons, mais soudain, j’entends des pas derrière moi qui se rapprochent, comme dans les films. Je me retourne et je vois mon homme cagoulé de tout à l’heure. Je pile net afin de lui permettre de passer devant moi, je préfère. Il s’arrête à ma hauteur :
   — ça va ? Vous avez aimé la soirée ? Je vous ai regardé toute la nuit (bla bla de soumis 😉 ), mais je n’ai pas osé vous aborder, et vous étiez toujours occupée avec des amis.
   — Oh, il ne fallait pas hésiter, vous auriez dû, une soirée c’est aussi l’occasion de faire des connaissances…  
   — Vous vous voudriez m’accorder un petit moment de jeu, j’en ai rêvé toute la nuit… on pourrait s’installer sur un banc à un arrêt de bus, et je vous masserai les pieds, juste quelques minutes, s’il vous plaît…
   Il insiste un peu, et j’ai envie de rire.
   —  Non, je ne suis plus du tout dans l’état d’esprit, la soirée est finie hélas !
   Il n’y a plus la musique techno qui me rend dingue, les tenues fetish qui m’en mettent plein les yeux ; j’ai remis mes lunettes, ma veste. Le froid de la nuit m’a dégrisée, la fatigue est en train de gagner sur l’exaltation. Il est temps pour moi de rejoindre le métro, et mon lit.
   Il tente de me dissuader.
   — ça ne sert à rien d’aller à la station de métro, elle n’est pas ouverte encore.
   — Si, à partir de 5h30, c’est bon ! (je suis une experte des retours aux petites lueurs de l’aube, on ne me la fait pas 😉)
   L’homme insiste encore un peu, gentiment. Je lui propose de m’accompagner et d’attendre le métro avec moi sur le quai. Ainsi, je lui prouverai que j’ai raison, et il me servira de garde du corps. Et qui sait, je lui confierai mes pieds peut-être ; à cette heure-ci, on peut attendre le métro une bonne dizaine de minutes.
   Il m’emboîte le pas, espérant toujours, jusqu’au quai de cette toute nouvelle station de métro, construite juste pour nous, à temps pour la soirée. Une rame est annoncée dans les minutes qui suivent et je lui confie mes pieds quelques instants. Je lui demande d’enlever sa cagoule, j’aime bien voir le visage de mes partenaires de jeu. Il secoue la tête.
   — Je préfère la garder, c’est ma marque de fabrique en soirée, je la porte toujours et ne révèle jamais mon visage.
   Je suis sceptique. J’aime beaucoup les cagoules fetish : celles en cuir avec des lacets qui m’évoquent les bourreaux du Moyen-Âge, les cagoules en latex, les cagoules de contraintes SM… mais cette cagoule en tissu plaquée sur son visage ne laissant paraître que les yeux me convainc moins.
   Ce massage de pieds sur le quai du métro désert a un goût d’interdit, c’est un prolongement imprévu de la fête, mais il faut se cacher, nous ne sommes plus dans la parenthèse de la soirée où tout est possible. Là, il y a la crainte d’être surprise, jugée… mais l’excitation de s’amuser encore est plus forte que tout. Ma fatigue s’envole, mes pieds frétillent entre ses mains. J’aimerais pouvoir remonter le temps et revivre toute la soirée !

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