Echographie

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    En général, je n’aime pas tellement l’hôpital et son cortège de drames et de maladies. Pourtant, et bizarrement, je suis un blog de près, il me plait beaucoup avec ses anecdotes souvent drôles, touchantes : alorsvoilà
    Ses histoires m’en ont inspiré une, que j’ai raconté à sa manière. J’espère qu’il ne m’en voudra pas 🙂
    (comme quoi, l’érotisme se cache parfois dans les situations les plus incongrues et là où on l’attendait le moins)
    L’histoire c’est S., une amie
    L’écriture c’est moi.

***
    Alors voilà.
    Tout commence de façon angoissante et triste. S. est inquiète, elle a peur. Elle est dans la salle d’attente d’un centre de radio pour une mammographie et une échographie. Beaucoup d’antécédents familiaux du côté des femmes de sa famille, plusieurs cancers du sein dramatiques. Et aujourd’hui, c’est à son tour d’avoir cette épée de Damoclès au dessus de la tête et d’exposer sa poitrine au corps médical.
    S. n’a pas été sérieuse. Elle doit faire ces examens tous les ans, elle le sait, mais a laissé passer plusieurs années. Sa gynécologue l’a palpée longuement la semaine précédente et a cru percevoir une petite boule sensible. « Mais seule l’échographie permettra d’y voir plus clair » a-t-elle dit avec un sourire qui se voulait rassurant, mais ne l’était pas du tout en fait. S. a essayé d’oublier toute l’histoire et de rester insouciante, avant de se ressaisir et réserver le fatal rendez-vous. La politique de l’autruche, ça va un temps…
    Donc, S. est assise sur un siège en plastique inconfortable. Elle attend, de plus en plus effrayée, ne parvenant pas à s’intéresser à son téléphone ou son livre, et encore moins aux revues people toutes cornées mises gracieusement à disposition des patients. Elle palpe discrètement son sein gauche, cherchant la petite boule encore perceptible quelques jours plus tôt. Elle ne sent rien mais ne peut s’en empêcher de faire rouler son sein entre ses doigts, à demi camoufflée par le dernier Voici.
    On l’appelle, c’est son tour, et tout commence par la mammographie. Une matrone digne d’une héroïne de James Bond (à l’époque des espionnes est-allemandes costaudes) malmène ses seins de façon efficace pour les immortaliser sur une radio. Surtout ne pas respirer pour ne pas être écrasée à nouveau contre la plaque de métal. S. n’est pas une adepte de la soumission. Elle s’applique de son mieux, positionne son sein, se laisse faire, retient son souffle. Avec succès. Les clichés sont nets. Une seule prise aura suffi.
    La première étape de ce marathon médical est terminée et à présent, S. attend à nouveau en prévision de l’échographie. Pour S. ce mot évoque surtout la joie d’être enceinte et de découvrir un minuscule bébé agitant ses petits bras en tout sens. Ce mot est vide de sens dans le cas de sa poitrine. Elle ne sait pas trop à quoi s’attendre.
    On crie à nouveau son nom à la cantonade (l’hôpital, ou cette impression d’ être baladée de service en service et de ne plus s’appartenir).  Elle se dirige vers une autre cabine, le ventre noué. Mais tout va bientôt basculer, et, la porte à peine franchie, son cauchemar se transforme en conte de fée. S. marque un temps, surprise, interloquée. Séduite en un instant. Elle oublie tout, les examens, la maladie, le risque… Le docteur qui lui tend une main chaleureuse est beau comme le jour. Son sourire ravageur la fait fondre immédiatement, ses jambes flanchent, et elle se sent joyeuse sans raison. Il porte une barbe courte, il est grand, et la regarde de ses yeux diaboliquement perçants, affectueux, avec un brin d’espieglerie. Sans préliminaires, il formule une demande qui réjouit S. et la fait sourire jusqu’aux oreilles :
    – Déshabillez-vous, et installez-vous sur le lit.
    S. obéit avec enthousiasme. En un clin d’œil, elle est nue jusqu’à la taille et offerte sur son lit d’examen. Vient alors un grand moment de douceur et de plaisir (s il savait !). Le médecin palpe, malaxe, caresse, tente de repérer la petite anomalie indiquée par sa collègue sur l’ordonnance. En vain. Il soupçonne un simple gonflement passager. Il enduit alors les seins d’un gel frais, et, ô délices, promène ses mains partout pour bien le repartir. Ses mains finissent par quitter sa poitrine (aux grands regrets de S.) et se saisissent d’une sorte de manette. Le medecin joue de son instrument sur les seins de la jeune femme sans quitter l’écran de son ordinateur des yeux, il passe et repasse sur ses chairs et ses pointes de seins, les agacent et les titillent délicatement. S. respire plus vite et sent son coeur s’accélérer. Une vague de chaleur se répand dans tout son corps et semble se concentrer entre ses jambes, la rendant humide de désir. S. cache son trouble, et rassemble ses idées pour distraire le patricien. Elle lui pose des questions, essaie d’entrer en contact avec lui et de prolonger l’examen par tous les moyens. Elle évoque le choix d’Angelina Jolie, qui a préféré subir une opération. Le docteur soupire, il semble regretter une décision aussi radicale, fréquente outre-Atlantique, mais ce n’est pas ce qu’il préconise. S. déjà bien allumée, le prend comme un compliment pour sa poitrine généreuse. Elle voudrait que ce moment dure toujours. Cruel, le radiologue s’interrompt et lui lance, d’un air victorieux :
    – Vous pouvez vous rhabiller ! Tout va bien !
    Puis, une promesse, un rendez-vous, vient adoucir ce congé, comme un espoir de le revoir :
    – Il faut absolument recommencer l’année prochaine, n’oubliez pas cette fois !
    S. sera là au rendez vous il peut en être certain ! Elle patiente à nouveau en attendant le compte rendu d’examen pour connaître son nom. Déception, il y a deux noms !  Et cette mention « Double lecture ». Lequel des deux est son beau docteur ?  Avec qui prendre rendez-vous dans un an ?

     Erik Torrent a relevé le défi que je lui ai lancé, et a écrit une histoire en miroir, un patient subjugué par le charme d’une jeune interne…. vous pouvez lire son histoire ici.

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11 commentaires

  1. Lise Félini a écrit :

    Bonjour Clarissa,
    Il est arrivé à peu près la même histoire à ma grand-mère de 98 ans ! Elle a dû subir une intervention l’année dernière et est tombée littéralement « amoureuse » de son bel anesthésiste…Amoureuse et transie de désir…Comme quoi, il n’y a pas d’âge pour les fantasmes !
    Je te tiens au courant pour notre enregistrement de la femme au Borsalino (texte d’Erik Torrent pour ceux qui l’ignorent)…j’attends des confirmations de dates.
    Bises, Lise

    1. Erik Torrent a écrit :

      Je ne dirai jamais assez combien je suis fière que ma femme au Borsalino prenne vie par vos deux voix, mes chères amies

      1. Clarissa a écrit :

        Lise ton histoire est incroyable ! Tu as une grand-mère qui a toujours vingt ans dans sa tête, c’est super à très bientôt …

  2. juju051 a écrit :

    Bonsoir,
    Sujet sérieux que tu as traité là, tu as parlé de l’angoisse, de l’autruche…que du réel et en traitant ce sujet tu as su mettre une dose d’érotisme qui passe toute seule. bien joué, félicitation.
    Anecdote que j’ai vécue réellement: un dimanche, forte douleur à 1 testicule, mon fils me conduit aux urgences, une jeune interne me prend en charge ( plus jeune que ma fille) me fait mettre nu et me tripote dans tous les sens. Début de torsion, ça peut être très sérieux si ce n’est pas pris dans un temps assez limité. Pas l’ombre d’un petit soupçon d’érection!! trop mal, comme de violentes coliques. L’urologue vient, m’ausculte et arrive à la même conclusion. Il me demande de servir de cobail puisque c’est assez rare pour un ( une) interne de tripoter les testicules d’un homme vivant. Il prenait un réel plaisir à faire rougir cette jeune femme en lui expliquant, testicules en mains qu’il fallait qu’elle s’imagine être sur une moto, poignée de droite on accelère dans tel sens donc on détord le testicule dans le même sens Etc Etc… Je peux te dire que même avec une loupe je ne suis pas certain que j’aurais réussi à trouver ce qui fait la fierté de nombreux hommes

  3. Erik Torrent a écrit :

    Bravo Clarissa. Je me suis bien retrouvé dans la première partie de ton texte, quand on apprend à l’hôpital à devenir patient plus que sujet pensant et capable d’autonomie… Pour la deuxième partie, j’imagine la situation inverse. Mais à vrai dire, c’est assez gênant pour un homme, pour moi en tout cas , de ne pas pouvoir contrôler son érection devant une belle femme médecin !

    1. Clarissa a écrit :

      Erik, oui, il y a là une histoire ! La femme médecin fait semblant de ne se rendre compte de rien, mais elle est secrètement flattée, et réalise quelques examens superflus sur le corps de l’homme

      1. Erik Torrent a écrit :

        Tu l’écris ou je l’écris cette histoire ?

        1. Clarissa a écrit :

          Merci Juju pour ce témoignage ! Ton histoire est incroyable ! L’espèce de bizutage de la jeune interne, le médecin qui se la joue cool et humoristique, alors que toi, vraiment, tu ne devais pas avoir le cœur à rire, les attouchements qui ne procurent aucun effet secondaire mais te soulagent enfin … terrible histoire ! Tu devrais l’envoyer au rédacteur du blog alorsvoila ! J’espère que tout va bien à présent, et que tu n’as pas trop souffert…

        2. juju051 a écrit :

          quand j’essaie de m’en servir en principe ça fonctionne….merci de t’en inquièter

  4. Clarissa a écrit :

    Merci beaucoup cher B. ! Votre message me fait très plaisir ! Au plaisir de vous retrouver souvent sur votre blog

  5. Alors Voilà a écrit :

    Merci pour cet hommage et cette histoire joliment troussée !
    Take care,
    B.

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