Des avantages de rompre

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  Je n’ai jamais eu de chagrin qu’une heure de lecture n’ait dispersé. (Montesquieu)

    Sur ce blog, j’aborde en désordre et selon mes envies tous les aspects de l’érotisme, en plus de mes modestes publications : le désir, le plaisir, mes fantasmes, fort nombreux l’amour aussi parfois, plus rarement… mais sans jamais citer sa conséquence diabolique et inéluctable : la rupture, car je n’aime pas trop les sujets qui fâchent 😉
   Un récent déjeuner entre copines, elles se reconnaîtront, m’a donné envie de combler ce manque, d’aborder de front le monstre, et d’écrire un billet paradoxal sur les bienfaits de la rupture.
   Donc, pour une fois, l’auteure érotique va se transformer en une espèce de conseillère du courrier du cœur. (Les hommes, vous pouvez passer votre chemin et vous épargner la lecture de ce billet qui s’apparente à des confidences entre nanas, j’entends déjà vos cris horrifiés…).
   Je vais vous livrer mes réflexions à propos de ce moment légèrement pénible, mais toujours passager, et vous aider peut-être à passer ce petit cap le mieux possible. Je n’irais pas jusqu’à dire dans la joie et la bonne humeur… je sais que sur le moment une rupture peut être difficile à vivre, surtout si elle n’est pas de notre fait (merci Siri qui avait écrit « fête » sous ma dictée, toujours à côté de la plaque celui-là !). C’est comme demander à un paquebot géant lancé à pleine vitesse de faire machine arrière toute, l’inertie est telle que l’on continue à aimer, en vain, en dehors de toute raison. Mais le moment viendra où « tout ça » sera derrière nous, et dans quelques temps, on se souviendra avec indulgence, et une pointe d’agacement, de cette histoire. Comment a-t-on pu se montrer aussi stupide !
   Aujourd’hui, nous sommes tous ultra connectés, les moyens de nous joindre sont légions : mail, SMS, WhatsApp, possibilités de nous envoyer des messages sur tous nos réseaux sociaux : Facebook, Twitter, Instagram, Linked-in et j’en passe (ouf ! c’était pas si mal les nineties finalement : juste le mail !), sans oublier nos blogs… et, paradoxe de notre temps, le principal mode de rupture est devenu la fameuse « Ghost rupture » : ne plus répondre aux mails, aux SMS, ne plus écrire nulle part… Disparaître. Certains trouvent cette façon de rompre particulièrement cruelle, surtout si l’on constate que l’élu de notre cœur est toujours connecté ici ou là… mais moi je trouve que c’est finalement moins douloureux, plus feutré, sans larmes ni bris de vaisselle… Et puis celui qui rompt peut toujours changer d’avis, dire qu’il était parti faire un stage au Tibet, qu’il était enrhumé, débordé de travail… et revenir mine de rien… Et j’aime bien ce qui n’est pas irréversible !
wonder woman    Mais parfois, il ne revient pas. Et il faut faire face à la réalité : on s’est fait plaquer, larguer, jeter… c’est toujours douloureux quelque que soit le mot !
   En réalité, il y a plein d’avantages à se retrouver seule ! Et libre… Libre est le plus joli mot de la langue française.
   Petite liste :
    On réalise soudain que le monde extérieur existe, il ne demande qu’à être exploré, il y a plein de choses en dehors de l’élu de notre cœur, et certaines sont même à portée de mains.
    On retrouve l’appétit. Avant on se nourrissait d’amour et d’eau fraîche, à présent on se rend compte qu’en fait les aliments ont du goût, certains très bon goût même, et on se régale.
    Et le sommeil ! Avant, on rêvait de lui toute éveillée, le sommeil nous fuyait nuit après nuit, dans l’angoisse, les conjectures, et les questions. Maintenant, on est tranquille, on a eu toutes les réponses attendues. C’est fait, la rupture tant redoutée a eu lieu, on peut enfin dormir sur nos deux oreilles, ce n’est plus la peine de se faire des nœuds. Il était temps, encore un mois, et on avait l’air de sortir d’un film de zombies.
    On gagne un temps fou, des heures de liberté s’offrent à nous, tout ce temps passé à lui écrire, à écrire sur lui, à penser à lui, du temps inutile, toxique, à refaire éternellement les dialogues, à en inventer d’autres… Tout ce temps perdu peut-être utilisé à autre chose ! Se lancer dans de nouvelles activités par exemple… rattraper son retard aussi. (on ne faisait plus rien depuis des mois)
    On redevient enfin efficace au travail après avoir péniblement –  et à peine – réussi à donner le change auprès des collègues pendant des semaines, collègues qui ne nous ont couvertes vis-à-vis de notre chef bien-aimé qu’en raison du récit passionnant et larmoyant dont elles suivaient le fil avec passion devant la machine à café jour après jour, une longue descente aux enfers qui les faisaient frissonner, trop bien. D’ailleurs, elles sont presque déçues d’apprendre que c’est fini et de nous voir si vite reprendre du poil de la bête, elles tentent de nous remotiver avec des trémolos dans la voix « ça va ma pauvre ? pas trop dur ? », sans succès.
    On n’est plus obligées de changer de lunettes, de coiffure, de se mettre au sport, de s’habiller à la mode, de masquer nos cernes, de moins boire… Finalement, rien n’allait chez nous, on essuyait des regards de plus en plus désapprobateurs malgré nos efforts… On se met en vacances, en jachère, on en avait d’ailleurs plus qu’assez de s’occuper de « soi ». On redevient nous-mêmes, avec notre style bien à nous, qui ne correspond à rien de connu en fait. Une phase pilou-pilou démarre, nos finances nous remercient… Ou bien, pour mieux tourner la page, on change tout au contraire, look, coiffures, tenues, lingerie… on est prises d’une fringale d’achats de dentelles, de soie…
    On recommence à faire des choses pour nous, et non pas uniquement pour lui plaire, l’intéresser, communier avec lui, se fondre en lui : lire les mêmes livres, partager ses passions… Le charme est rompu, on ouvre enfin les yeux. En fait, non, le golf, ce n’est pas notre truc ! Ni la randonnée en montagne… On se réveille, tel Théoden dans Le seigneur des anneaux, d’un long rêve, d’un long cauchemar plutôt.
    C’est reposant ! Nous ne sommes plus sur des montagnes Russes, un jour au paradis, le lendemain en enfer. On retrouve notre placidité naturelle et notre cynisme légendaire. 

     La prochaine fois, c’est décidé, on se choisit un soumis qui sera aux petits soins pour nous ! On sera traitée comme une reine, on malmènera notre gentil soumis avec délicatesse et raffinement, on exigera tout de lui, pour son plus grand plaisir.

   En espérant avoir remonté le moral de toutes mes « sœurs », injustement et cruellement quittées !

    Photos : films Kill Bill, Wonder woman

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