Danser au Cat club

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   San Francisco, le 23 septembre 2023, la veille de la Folsom

   Ce soir, c’est décidé, nous allons au Cat club pour danser ! Fini les bâillements et au diable le jet lag – terrassés de fatigue les soirs précédents, on a manqué la soirée fetish – regrets éternels -, la soirée post punk, mais on est fin prêts pour la soirée années 70’s et 80’s !

   Je suis étonnée, on nous demande nos passeports à l’entrée. Pourtant, nous n’avons pas vraiment l’air d’être mineurs, et il s’agit juste de danser sagement ! Finalement, ce fut quand même un peu kinky.
   Le lieu me plaît d’emblée, avec ses clips vidéos vintage de la grande époque de MTV, et des animations que ne renierait pas la Hell O’Kinky : des chatons psychédéliques dans l’espace ^^
   Le club est composé de deux salles : la première est dédiée aux tubes des années 80 (avec une cage sur une estrade où des prisonniers volontaires se déhanchent régulièrement), l’autre aux années 70. On alterne sans relâche entre les deux au fil des tubes, guettant nos musiques préférées : Cure, Depeche Mode… on se trémousse avec entrain en regardant autour de nous.
   Je suis étonnée par la foule bigarrée qui se presse sur la piste, toutes sortes de personnes s’éclatent sur Madonna ou Gloria Gaynor, des gens de tous les âges, de tous les styles… Ici, on peut venir danser de 21 ans à 77 ans ! (bon, en même temps, vu le thème de la soirée, c’est logique ^^) Beaucoup appartiennent visiblement à la communauté fetish-bdsm d’après leurs tenues, je les observe du coin de l’œil tout en dansant, me demandant si la soirée va basculer. Je remarque aussi beaucoup de jeunes femmes portant des tutus, des tenues pailletées, des costumes de fées… comme l’on peut en voir lors des soirées Hell’O Kinky.
   Je suis intriguée par le manège d’un couple : ils dansent une sorte de slow tendre, quand soudain les choses « dérapent » : l’homme fait glisser à terre la jupette de son amie. Elle se laisse faire en se blottissant contre son torse, se cachant le visage. Stupeur, je remarque qu’elle porte une grande couche sous un body d’enfant. Son « daddy » la câline, caresse ses cheveux, son dos, comme lorsqu’on réconforte un enfant. Un jeu de retour en enfance bien transgressif, rare en France je crois, en tout cas en soirée. Un jeu intime qui se déroule sous les yeux des danseurs. Ils ne s’attardent pas, daddy pose sur les épaule de sa little un long imperméable, et ils sortent comme ça de l’établissement.
   J’observe de plus près les autres danseurs et danseuses, je réalise que beaucoup partagent ce kink et s’affichent avec un plaisir évident : s’habiller en petite fille avec tutu, paillettes et couettes, ou s’habiller en petit garçon avec des sortes de salopettes ou culottes courtes, tout en portant une couche bien en évidence (juste pour le look, le contact du plastique, le jeu régressif… ou vont-ils plus loin ?) et éventuellement une tétine à la bouche.
   Un garçon m’aborde, il me demande quels sont mes kinks. J’ai toujours un peu de mal à répondre à cette question, car je n’ai pas vraiment de pratique favorite… Je reste dans le vague :
   — J’aime bien plein de choses…
   — Moi aussi ! Je suis switch en fait, fait mon interlocuteur en débordant d’enthousiasme.
   (Les Américains sont si expressifs, on doit leur sembler très placides et maussades)
   —  Je suis switch aussi, et mon ami également !
   On est ravis de se croiser entre switchs, on se comprend parfaitement, au-delà de la barrière de la langue, de la distance… Soudain, il me montre sa couche sous son pantalon de cuir. Lui aussi partage ce fétichisme des couches et du retour en enfance, redevenir un baby ou un petit enfant le temps d’un jeu.  Ça me plairait je pense, je voudrais bien adopter un little ou une little, et jouer à la maman ! Un jeu de rôles transgressif, au goût d’interdit, qui flirte avec nos tabous les plus forts, et pourtant bien innocent aussi.
  On pourrait rester là toute la nuit avec mon ami, à danser sur ces tubes qu’on adore, et peut-être accueillir une little sous notre aile qui sait, mais on a un projet pour la suite de la soirée ; je raconterai peut-être.

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    Le site du Cat club

   Descriptif de la soirée 
   Funkytown, San Francisco’s Disco .vs. New Wave dance party returns on Saturday, September 23rd

   Come join us and get your groove on with regular Funkytown DJ’s Porter, Mr. Washington & TreeFitty.Dance, with special guest DJ Sparkle as they play all the top disco and funk hits of the 70s in the backroom, and all the new wave and pop hits of the 80s in the front room.
   In the Back Room, Featuring 70s artists and acts such as: The Bee Gee’s, Kool & the Gang, Donna Summer, K.C. and the Sunshine Band, The Gap Band, Jackson Five, Isaac Hayes, ABBA, Shalamar, The Supremes, The Village People, and many more!
   In the Front Room, featuring 80s artists and acts such as: The Cure, Michael Jackson, Human League, Gary Numan, Madonna, Whitney Houston, Frankie Goes to Hollywood, Depeche Mode, The Smiths, Duran Duran, The B52’s, Oingo Boingo, Adam Ant, New Order, Book of Love, Flock of Seagulls, Prince, Wham and more!

   Doors open at 9:00pm (21 and over)
   $12 Cover ($8 before 10pm)

   Photos prises sur le site :
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