Carré VIP

carré train

   Ma sidérodromophilie a des limites ! Finalement levées avant hier 😉

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   Je n’aime pas me retrouver dans un « carré » à bord des trains, on se gêne toujours avec les inconnus d’en face, on s’emmêle les jambes, les sacs, on se donne des coups de pieds, on ne peut pas étendre ses jambes, on n’ose pas sortir son sandwich ni son roman érotique…- mais je ne sais pas comment éviter ces places quand je réserve mes billets (si quelqu’un a un truc ?)
    Mauvaise surprise en ce retour de vacances, je voyage dans un carré ! Et cette fois, c’est pire que tout, mon voisin d’en face prend ses aises et occupe un maximum d’espace, au point de heurter mes pieds régulièrement. Je bouge, tente de trouver un recoin libre pour loger mes petits pieds, mais ses bottes de 7 lieues occupent tout le terrain. Quelque soit l’endroit où je me pose, il y est déjà. Je vais finir par lui écraser les pieds pour lui apprendre les bonnes manières et me faire une place sous la table !
   Je lui jette un coup d’œil à la dérobée, et m’adoucis instantanément : il n’est pas mal du tout, plutôt beau gosse même, le genre bad boy avec sa barbe de trois jours, et sa chemise déboutonnée négligemment… Il sourit devant son écran ; je me demande ce qu’il regarde. Voilà qu’il me fait du pied à nouveau…. Le fait-il exprès, ou par inadvertance ? Au lieu de dégager mon pied aussitôt avec agacement, je le laisse cette fois, j’accepte son contact, et j’attends, le cœur à l’arrêt. Je lève les yeux lentement : il est toujours concentré sur son écran, mais son pied poursuit ses attouchements sur le mien, il n’y a plus de doute possible. Je fais semblant de me plonger dans mon téléphone moi aussi, mais je ne vois rien, mes pensées sont en ébullition, mon cœur s’est remis à battre à grande vitesse. J’ai des fourmis dans les pieds à force de ne plus les bouger tant je redoute de lui envoyer un signe d’encouragement mal venu ou d’interpréter ses agissements … Je garde l’immobilité d’une statue, sur des charbons ardents alors que je dois tenir encore trois heures de voyage.
   J’ose un infime recul de mon pied en contact rapproché avec le sien, et je me fige : il me suit pas à pas, son pied reste collé au mien où que j’aille.
   Cette fois ci, le doute n’est plus permis ! Un lien s’établit entre nous, un dialogue s’instaure, par l’intermédiaire de nos pieds qui se fuient et se cherchent sans fin. Et se trouvent toujours, vu l’exiguïté des lieux. Je suis tentée un instant de retirer mes chaussures, l’invitant silencieusement à faire de même, pour nous effleurer les pieds directement, sans le contact du cuir…
   Notre idylle discrète s’épanouit tout le voyage, avant de cesser brusquement : nous arrivons.
    Il me fait un grand sourire absolument indéchiffrable (taquin, complice, simplement poli ?), et se lève. Il n’en finit plus de s’étirer et de déplier son corps de géant. Près de deux mètres je pense ! Je me lève à mon tour, et rit de ma naïveté : il manquait tout simplement de place ! 😅

   – Photo rare d’un carré sans personne prise sur le net

2 commentaires

  1. Michel/Hermès a écrit :

    Ah, la siderodromophilie ! Je ne sais pas exactement comment ça se manifeste, moi qui ai passé l’essentiel de mon activité professionnelle à les conduire, les trains, et seul la plupart du temps. Mais jamais je n’aurais imaginé qu’une certaine Clarissa puisse se trouver dans mon train avec de telles pratiques. Je voyage maintenant comme voyageur et je rêverais de vous y croiser très chère, carré ou pas.

  2. Clarissa a écrit :

    Oh,vous conduisez des trains voyager en train m’inspire mille fantasmes, en particulier l’envie d’être invitée un jour à bord de la cabine de pilotage… (mais il paraît que ce n’est plus autorisé ?)

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