Au service des malades

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    Ce week-end, j’ai visité les très beaux hospices de Beaune. Je suis restée rêveuse devant les lits des malades, sagement alignés les uns derrière les autres le long des murs de la salle des « pôvres ». Entre ces lits et le mur un couloir secret permet de circuler. Il est en principe destiné aux soins intimes ou médicaux. Et à d’autres usages peut-être aussi… Une soeur hospitalière a pris vie dans mes pensées. Je l’imagine la nuit, courant pieds nus vers le lit de son malade préféré, écartant discrètement les rideaux rouges et se glisssant dans sa couche pour n’en faire qu’une bouchée…
    Pourquoi ne pas m’amuser aussi à décrire les traitements de l’époque, évoquant certains pratiques SM pratiquées par les maîtresses expérimentées d’aujourd’hui : purges, lavements, vomissements, trépanations, crachats, saignées, ventouses… Il fallait que « ça » sorte, expurger le mal par tous les orifices, sous toutes ses formes, humeurs et déjections, pour espérer guérir (sombre époque). Une soeur sadique pourrait manier les seringues, les pompes et les poires plus souvent qu’à son tour… et circuler elle aussi dans le couloir sombre, la seringue brandie.  
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    Me voilà donc en train de rédiger une nouvelle historique « érotique » et confrontée à tous les problèmes des écrivains qui veulent se frotter à un autre lieu, un autre temps. Quel vocabulaire employer pour « faire vrai » sans en rajouter, quel était le costume des postulantes, comment se nomme la drôle de coiffe des soeurs hospitalières, que mangeait-on à l’époque ?   
   J’écris pour l’instant. On verra plus tard. Je ferai les recherches nécessaires et les corrections ensuite. Je sais qu’il vaut mieux faire l’inverse mais l’histoire se fait trop pressante !
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Photos : Clarissa

12 commentaires

  1. LeDormeurDuVol a écrit :

    Ca me donnerait surtout des envies d’histoires d’horreur.
    J’aurais adoré visiter les hospices avec vous.

  2. Clarissa a écrit :

    J’ai beaucoup pensé à vous en me penchant sur les vitrines exposant des seringues anciennes, et toutes sortes d’instruments de torture… je suis sûre que vous auriez eu des histoires à me raconter !

    1. LeDormeurDuVol a écrit :

      Et puis j’ai moi même déjà une petite collection sympa que peu de gens connaissent.

      1. Clarissa a écrit :

        J’espère la voir en détails en jour ! Elle m’aidera à préciser mon personnage de Sœur sadique… et armée !

        1. Clarissa a écrit :

          « Battre le fer quand il est chaud », j’aime bien cette expression Je n’aime pas trop ça moi non plus, c’est pour cela qu’une seringue me semble un instrument de torture intéressant (je fanfaronne un peu, tu me connais, j’écris plutôt des histoires où mes personnages ne ressentent que désirs et plaisirs ….)

  3. juju051 a écrit :

    tu as raison d’écrire de suite, il faut battre le fer quand il est chaud. Moi qui suis phobique des piqures je ne t’aurais pas accompagnée

  4. itikar a écrit :

    Je me demande ce qui est le plus difficile à écrire, entre l’érotisme basé sur le plaisir ou celui basé sur le sadisme … Comment prendre son pied en regardant Salo (ou en lisant les 120 journées de Sodome …) ? Finalement, c’est la même réflexion que pour ce qui est de l’écriture d’un roman à l’eau de rose et d’un roman d’épouvante ou un thriller, fantastique ou réaliste. Peut-être que ce qui importe vraiment, c’est, à l’écoute de la puissance des mots, choisir le bon dosage pour faire frémir sans choquer trop. Il est si simple d’exagérer. C’est comme remplir une piqure. Il ne faut ni laisser de l’air à l’intérieur, ni surdoser … sinon le soin se transformerait en drame. Bref, c’est tout un art de bien faire sans trop en faire. Et, désolé, je sais que ca peut sembler un peu hors sujet, tout ça …

    1. Clarissa a écrit :

      Je suis très sensible moi aussi au style, au choix des mots des auteurs que je lis, ceux qui veulent en faire « trop » ne parviennent pas à me transporter, m’émouvoir ou me faire peur… on perçoit trop leurs « ficelles », ils avancent à pas lourds, sans subtilité…

      1. itikar a écrit :

        Oui, je pense également que pour plaire au plus grand nombre et le plus possible, il faut trouver le bon dosage … il est moins aisé mais plus riche de trouver le juste milieu entre la modération et le trop plein. Peut-être que chaque lecteur a un peu tout les genres littéraires en lui, parfois endormis, en attente de quelques nouvelles expériences de lecture ? Alors, l’art d’écrire est peut-être d’éveiller en lui ce genre, sans lui donner toutes ses facettes, afin de laisser la part belle à son imagination de choisir la direction idéale à sa sensibilité personnelle ! Accompagner sans étouffer … Tolkien utilisait quant à lui l’éveil au mythe pour donner à ses lecteurs un point d’ancrage pour bâtir leur imaginaire, et leur esprit critique sur la réalité…L’érotisme doit lui aussi avoir son point de pouvoir où il peut épanouir quelque chose dans le cœur de ses lecteurs … quelque chose de fort, assurément ! Je ne sais pas si cette direction là a été bien développée … mais je crois qu’elle existe et qu’elle est importante. Toute expression de la liberté – et quel domaine plus libre que le creuset de toute intimité ? – a une grande valeur et une grande puissance

  5. HadriendesOmbres a écrit :

    Bonjour Clarissa .
    Parlez-vous de la cornette que portaient les religieuses ? Pour ma part ce qui m’a toujours intrigué, c’est le vocabulaire militaire. Comme la chamade qui est le roulement de tambour annonçant la reddition d’une armée ou d’une forteresse avant qu’elle ne désigne le rythme du coeur d’une belle prête à céder. Ou encore la miséricorde, une courte dague destinée à donner le coup de grâce à l’adversaire qu’on avait désarmé et qui gisait à terre engoncé dans son armure ou sa cote de mailles. Au fait, ne dit-on pas « A tout péché, miséricorde » ?

    1. Clarissa a écrit :

      Oui, la cornette ! Quelle coiffe encombrante et étonnante, et qui a perduré longtemps… intéressant ce parallèle entre le vocabulaire des émotions et celui des militaires, merci Hadrien

      1. Nicolas Lacharme a écrit :

        La séduction, dans notre culture, est avant tout vécue comme une conquête. A ce titre, la chamade n’est que l’aboutissement logique de la « campagne » ? Non ?

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