Au-delà des différences

Gier la pieuvre

    Un détail du tableau en cours de Gier m’avait inspiré une histoire d’amitié. Le tableau terminé vient d’être dévoilé entièrement, il m’a troublée, et j’ai imaginé une histoire érotique, et SF.

***

    La mission scientifique était un succès, dépassant même leurs espérances : cette planète-océan se révélait parfaitement habitable, depuis la composition de l’atmosphère jusqu’à ses températures clémentes ! Seul souci, il n’y avait aucun continent immergé, l’eau recouvrait toute sa surface. Il faudrait construire des îles artificielles, ou des stations sous-marines, si l’on décidait d’y implanter une colonie.

    Ils avaient tous travaillé comme des fous, la jeune femme décida de s’accorder une pause bien méritée. Elle plongea dans cet océan infini, appréciant de nager nue, d’oublier enfin sa combinaison. Et d’être la première Terrienne à fouler le sol de cette planète – enfin, façon de parler !
    Elle nageait sereine dans ces eaux grouillantes de vie ; aucune espèce n’était dangereuse pour les humains, elle avait suffisament observé et analysé toutes les formes de vie au cours de ces longues semaines enfermée dans le vaisseau avec ses collègues.
    Soudain, elle sentit un poids léger se poser sur ses épaules, et des bras l’envelopper. Plusieurs bras l’entourèrent et se glissèrent partout : une pieuvre, une pieuvre géante, bien plus grande que ses cousines terriennes ! Ainsi les légendes disaient vrai, les pieuvres avaient bien une origine extraterrestre ! La plupart étaient devenues plus petites au fil de l’évolution, pour s’adapter à la gravité de la Terre. Ici, elles se déployaient sur plusieurs mètres, avec une légèreté irréelle.

    Elle chassa ses pensées d’exobiologiste. Elle ne voulait plus réfléchir, mais profiter de sa première pause depuis des mois. Elle ferma les yeux, et goûta l’étreinte de la pieuvre. Ses tentacules se faufilaient le long de ses bras, entouraient sa taille, ses seins. Ils l’effleuraient, avant de se poser sur sa peau, ventouse par ventouse, lui procurant à chaque fois des sensations incroyables.
    Des bulles d’eau chatouillaient agréablement sa peau, tandis que les tentacules resserraient leur étreinte et progressaient. Elle frémit quand un tentacule s’aventura entre ses jambes. Elle se raidit un instant avant de se laisser faire. Il avançait à pas de loup sur ce terrain sensible qui réagissait différemment. Elle manqua de s’évanouir de plaisir quand une ventouse se posa sur son clitoris et l’aspira doucement, exerçant de minuscules pressions au bon endroit, tandis que l’extrémité du tentacule se frayait un chemin, s’immisçait en elle avec précaution, sollicitant d’autres zones, la stimulant… Le tentacule s’enfonça encore, appuyant ses ventouses contre les tendres parois de son sexe. Ces petites ventouses vivantes pompaient délicatement ses chairs, lui offrant de délicieuses sensations. Elle se tendit comme un arc, se contracta autour du tentacule et se tordit de jouissance.  

   Elle se détendait, se laissait flotter à la surface, soutenue par la pieuvre. Quelle merveilleuse créature ! Elle aurait bu la tasse si elle n’avait pas veillé à maintenir sa tête hors de l’eau ; pratique d’avoir plusieurs bras ! Elle était caressée, portée, massée, soutenue…
    Ils savaient en se posant sur cette planète qu’elle possédait un océan propice à la vie, mais comment imaginer que l’une des espèces intelligentes possédaient tant de bras ! Elle qui avait toujours eu froid et avait toujours manqué d’amour, se sentait enfin comblée, réchauffée et aimée ! La pieuvre communiquait avec elle par télépathie, lui transmettait des sensations de plaisir, des émotions de joie, sans mots précis, mais elle devinait sa bienveillance, et son désir.

    La mission d’exploration touchait à sa fin, il était temps de repartir, et d’annoncer la bonne nouvelle au monde entier : cette planète était habitable, et même très accueillante !
    L’exobiologiste surprit ses collègues quand elle annonça son souhait de rester.
    — Mais tu n’y penses pas ! La prochaine mission n’arrivera pas avant des années ! Tout peut se passer d’ici-là…
    — Mon ami veillera sur moi, et je vais l’étudier, lui et son peuple, apprendre leurs coutumes, leurs langue…
    — Tu parles des pieuvres géantes ?
    — Oui, elles sont intelligentes, j’en suis certaine…
    — Tu as une preuve de ce que tu avances ?
    — L’une d’elle m’a parlé, directement dans ma tête.
    Ses co-équipiers échangèrent des regards navrés, elle avait perdu la tête plutôt.

    Ils tentèrent par tous les moyens de la faire changer d’avis, sans succès. Ils finirent par abandonner, un peu rassurés sur son sort ; c’est vrai qu’une pieuvre semblait l’avoir prise sous son aile. Sous ses tentacules plutôt ! Elle avait bâti une sorte d’île flottante composée d’algues pressées, de coquilles. Leur camarade pouvait s’y reposer et partager le repas de crustacés que lui offrait ce poulpe aux petits soins !
    Si elle tenait tant à rester, c’était son choix ! Eux en revanche étaient pressés de décoller et de s’endormir dans leur caisson d’hibernation. Leur voyage durerait le temps d’un battement de cil, et à l’arrivée, à eux les honneurs, les banquets, les discours, et les défilés sous une pluie de confettis !
    Elle n’avait aucun regret, elle leur fit ses adieux joyeusement, et observa le vaisseau s’envoler et disparaître avec soulagement. Comment refaire l’amour avec un homme après avoir connu une telle extase ! Elle ne voulait plus que son poulpe bien-aimé, avec ses huit bras si souples, et ses milliers de petites ventouses…

    Cependant, une avarie survint, le vaisseau explosa en vol, il n’y eut aucun survivant. Sur Terre, on soupçonna une attaque alien. Cette planète se montrait hostile, on renonça aux expéditions suivantes.
    La biologiste ne s’inquiéta pas outre-mesure de rester sans nouvelles de la Terre, ça lui convenait très bien au contraire. Peu à peu, elle oublia les humains, elle coulait des jours heureux, faits d’amour et de plaisirs. Bientôt, de petites créatures naquirent, dont il fallut s’occuper. Mi humains, mi pieuvres : d’adorables bébés agitant leurs tentacules et émettant une cacophonie d’ondes télépathiques.
    – Comment aurait-elle pu imaginer que leur union porterait des fruits… Une nouvelle espèce était née !

    – Peinture : Gier

    D’autres oeuvres à découvrir sur son blog : Les carnets d’art de Gier et son site

  
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2 commentaires

  1. Gier a écrit :

    Eh bien, le temps de qualité est venu plus tôt que prévu. Les intempéries ayant entraînées la fermeture de tous les établissements scolaires vers chez moi !
    J’ai donc eu le temps de lire ce troublant récit. Tu crées un bien étrange devenir à Veronika (le vrai nom de la modèle…. mais elle a des cheveux !), plein de sensualité et de plaisir et initiatrice d’une nouvelle espèce d’octohumain dont on espère qu’elle sera plus sage et moins cupide qu’homo sapiens !
    Sans compter les plaisirs de la nage nu.
    Merci pour cette belle exploitation de mon dessin.

  2. Clarissa a écrit :

    Merci Gier ! Je me suis laissée emporter par le flot et les tentacules se mouvant gracieusement ! Le plaisir de nager nue, je connais et j’adore… mais je crains de ne jamais connaître un alien avec 8 tentacules ^^

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