J’ai participé hier à une visite érotique du 9ième arrondissement de Paris, en compagnie d’autrices de la Musardine. Une visite passionnante, organisée par Miss Parisette, à l’initiative de l’agence de presse de la Musardine, Lp conseils. Une promenade à travers le temps, avec des anecdotes à foison !
J’ai pris quelques notes, très incomplètes au regard de tout ce qu’on a appris :
Fin 19e la sensualité explose à Paris
Miss Parisette nous fait revivre la grande époque des courtisanes , immortalisée par Nana ou La dame au camélias. Fin 19e, elles règnent sur le Paris des plaisirs, on vient les voir du monde entier. Femmes puissantes, indépendantes, elles choisissent leurs riches amants, et leurs « cadeaux » ! Certaines, comme la Païva, se font offrir des hôtels particuliers et les décorent comme des palais baroques.
Rien que dans le 9e arrondissement, elles sont120 000 – je me demande si j’ai bien entendu ! (Un guide touristique, le guide rose, les recensait)
Les maisons closes se sont développées à l’instigation des pouvoirs publics (qui les ont même financées !) afin d’éviter la propagation de la syphilis et mieux contrôler les filles avec des visites médicales régulières (cependant, le matériel d’examen n’était pas nettoyé entre deux filles, on imagine les dégâts !)
– d’autres restaient moins bien loties, et se retrouvaient cantonnées dans les rues aux frontières de Paris.
Les préservatifs servaient surtout à éviter des grossesses non désirées, ils étaient en boyaux ou en peau de testicule d’agneau, et lavables ! Les filles se faisaient des lavements au vinaigre – j’ai eu mal pour elles…
C’est aussi l’époque où d’éminents médecins ont « compris » que jouir nous détendait ! Les vibromasseurs sont inventés, la soi-disant « hystérie féminine » disparaît.
Nous sommes passés devant la première maison close bdsm toute équipée, aujourd’hui un bel immeuble de style gothique (photo en tête d’article), avec son entrée sur une rue, sa sortie sur une autre, afin d’éviter que les clients ne se croisent. Elle était fréquentée par des notables, des ministres, se présentant sous pseudo, afin de préserver leur anonymat.
Des soirées littéraires se tenaient dans des hôtels particuliers le long d’impasses privées protégées par des grilles, elles dérapaient souvent (voilà qui fait rêver ! je viens de participer à deux soirées de dédicaces, hélas, pas de dérapages !)
Petite halte devant le Moulin rouge : Miss Parisette nous raconte le succès du French Cancan, spectacle très osé en ces temps où l’on s’émouvait d’une simple cheville dévoilée… Bien sûr, toutes les danseuses choisissaient de riches amants parmi le public – l’expression est d’ailleurs restée, pour évoquer un loisir coûteux : « c’est ma danseuse ».
Les années 70
Le cinéma X Atlas fondé dans les années 70 est toujours en activité, mais il ne programme plus de films érotiques artistiques que l’on regarde sagement, il s’agit d’un lieu de rencontres louches ! J’ai beau être curieuse, je pense que je ne m’y risquerai pas !
La plupart des sex shops sont d’ailleurs restés dans leur jus « vintage » des années 70, 80, ce qui a son charme je trouve, mais manque d’ « élégance parisienne » ! L’un en particulier regorge de trésors (j’y avais trouvé mes deux jetons de maison close !).
De nos jours
Miss Parisette évoque aussi la vie libertine parisienne actuelle en nous montrant la façade du Moon city, un club-sauna libertin.
Cependant, beaucoup de clubs libertins qui ont eu leur heure de gloire dans les années 2000 ont vieilli, et même fermé, les nouvelles générations préférant les soirées privées. Autre alternative pour les amours clandestines (même si tout a changé aussi de ce côté-là) : le Love Hôtel tout proche, avec ses chambres décorées — il paraît qu’il y a une chambre spéciale « ambiance métro » pour les touristes ^^
Non loin, la chapelle Sainte Rita nous accueille. On peut venir se confesser et se faire pardonner ses péchés, et sortir discrètement par une autre porte (tiens, comme la maison close bdsm !). Un lieu intimiste, paisible, silencieux, simple ; un autre monde après le décalage et l’étalage tape à l’œil de la rue !
La visite se termine par une halte dans la très belle Maison Souquet. Coup de foude ! Ancienne maison close, devenue un hôtel prestigieux, elle ne renie pas ses origines : sa façade s’orne de magnifiques lanternes rouges qui signalaient une maison close. Ses salons sont décorés dans l’esprit de l’époque : salon oriental, salon bar-bibliothèque feutré, jardin d’hiver cosy… Un lieu magnifique, qui donne envie de s’y attarder en galante compagnie ! Je me promets de revenir y prendre un verre un jour, il ne me reste qu’à trouver la galante compagnie ^^
Miss Parisette me propose de me prendre en photo dans ce beau décor, et m’offre un véritable shooting ! Flûte, je suis venue en jeans-basket en vue de la marche, avec plusieurs couches de pulls pour affronter des frimas imaginaires ; j’aurais dû mettre une robe de bal ! (Toujours se tenir prête à tout ^^)
Pour visiter Paris avec Miss Parisette
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La maison Souquet :



1 commentaire
Très surprenant et instructif reportage ! Très chouettes photos de ces décors magnifiques. Je vais m’inscrire pour découvrir ça ! Charles Ritter.