Parfois, une romance ne dure que le temps d’un café !
Je bois ses paroles, tout ce qu’il me raconte m’intéresse ! Je ressens de l’empathie aussi, et l’empathie n’est jamais très loin de l’affection… Il me touche par mille détails, j’ai envie de prendre sa main, de la serrer entre les miennes. Je me retiens, sa main risque de ne pas me suffire. Je rêve déjà de la porter à mes lèvres, d’embrasser chacun de ses doigts…
Je m’attarde sur son sourire, je me plonge une seconde de trop dans son regard. Tout devient flou autour de nous, mes défenses s’affaissent les unes après les autres, je ne contrôle plus rien, toujours noyée dans son regard. Il me dévore des yeux lui aussi, je me sens hypnotisée, aimantée, et je me livre tout entière à son pouvoir. Des liens invisibles dansent comment des ondes lumineuses autour de lui, ils s’élancent vers moi, me lient à lui, me rapprochent soudainement jusqu’à nous imbriquer l’un dans l’autre. On se serre fort, langues mêlées, cheveux emmêlés, peau moites collées… Je ne maîtrise plus rien, j’en veux plus ! Il chuchote à mon oreille, des mots tendres qui parlent directement à mon cœur. Mon cœur bondit de joie, il s’envole et chute à la fois. J’ai chaud, très chaud, le désir m’envahit des pieds à la tête, je flambe vive, je ne pense plus, je ne suis plus qu’un corps tendu vers lui. Ses lèvres qui effleurent les miennes achèvent de me faire succomber, je vacille, je vais tomber de ma chaise…
Il me retient d’une poigne de fer, me sourit, et je reçois un coup de couteau dans le cœur. Mon cœur coule, déborde, encore et encore, des tonnes d’amour se libèrent, se répandent en moi, gagnent mon corps, mon esprit, et ne demandent qu’à jaillir pour le submerger de mots d’amour, de caresses ! Je vibre des pieds à la tête, il m’est de plus en plus difficile de garder tant d’amour pour moi, les mots se bousculent dans ma bouche…
Il se redresse d’un bond.
— Oh là là ! Qu’est-ce qui nous arrive ! Tu veux boire quelque chose ?
La magie est rompue, soudainement. Tous les liens se dénouent, s’évanouissent, et lui s’éloigne à des années-lumière. Je suis seule à nouveau, perdue. Le brouhaha du café me parvient : les sirènes des pompiers, les voitures, les bavardages de nos voisins ; comment ai-je pu les ignorer ?
Je réussis à me recomposer un visage impassible, je ravale mes déclarations, je retiens mes caresses.
— Un café pour moi !
Je l’ai échappé belle, j’étais à deux doigts de lui dire que je l’… Je reprends le contrôle de mes émotions, je reconstruis ma carapace à toute allure. Bientôt, je réussis à le regarder à nouveau, sereinement, et le rejoindre sur son terrain, l’amitié.
J’ai envie de rire de moi ; ce mirage !
Je me suis construit des châteaux en Espagne, ils se sont tous effondrés sous le vent de la réalité. Peut-être pas complètement… Quelque chose d’irrémédiable est arrivé, il m’a embrassée, je n’ai pas rêvé ! Je garderai longtemps dans mon coeur le souvenir de ses lèvres sur les miennes.
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