Techno Freaks de Morgane Caussarieu

Je viens de lire Techno Freaks de Morgane Caussarieu, j’ai adoré ! Un ami me l’avait conseillé, connaissant mon goût pour les fêtes techno underground, les transgressions, les excès en tous genres…

Le temps d’un week-end, nous suivons Goldie, jeune femme solaire tatouée et dorée, Dorian, sexy et dangereux, et d’autres figures de la nuit dans leurs errances au sein des grands clubs Berlnois plus mythiques les uns que les autres : le Trésor, le Berghain, le Kit Kat… autant de noms qui donnent aussitôt envie de danser ! Le son de Berlin, le meilleur son du monde, qui attire un public venu de toute l’Europe, rivalisant d’extravagances et d’excès, en particulier ce petit groupe de francophones venu de France, Belgique, Suisse, unis avant tout par leur langue commune (personne ne fait l’effort d’apprendre l’allemand ^^)
Ils aiment la techno à la folie, ils viennent en quête de son, d’attention, de sexe, d’amour… Tous drogués au dernier degré, cela fait partie du jeu, afin de pleinement profiter de la musique, de danser et faire la fête sans s’arrêter, sans dormir, sans souci du lendemain. Tout commence dans les toilettes : c’est là que l’on se drogue entre amis, en douce, à l’abri des regards, même si les clubs ferment les yeux avec indulgence (tant que cela reste discret). Ce contraste entre les ressentis fantastiques de la drogue, et sa prise dans le lieu le plus trash qui soit m’a fait sourire !
L’autrice décrit à merveille la musique techno qui nous aspire, nous absorbe, nous retourne comme un gant, nous monte au cerveau… autant d’effets magnifiés par la drogue, des drogues merveilleuses qui circulent en abondance (Kétamine essentiellement). Tout oublier, vivre des connexions intenses, des rencontres magiques, des révélations, des fulgurances féériques, des « voyages »…
Mais ce sont cadeaux empoisonnés ! Le prix à payer se révèle exorbitant : addiction, petits jobs peu reluisants, corps malmenés par les excès et le manque de sommeil, prises de conscience douloureuses par moments, rêves engloutis – certains étaient venus à Berlin pour devenir DJ, certaines se voyaient stars de ciné, performeuse … –
Fascinante fuite en avant de cette jeunesse perdue, exaltée, ravagée, flirtant en riant avec l’autodestruction, paradoxalement obsédée par son look et moqueuse des autres, moins stylés.

Sex, drugs and techno !
Ou plutôt, dans l’ordre des priorités : Techno, drugs and sex (et parfois la drogue passe même avant la techno !)

(je suis allée plusieurs fois à Berlin, à l’occasion de grandes soirées, j’ai vécu une expérience totalement différente, de mon point de vue de « touriste de passage ». J’ai trouvé les allemands tellement accueillants, chaleureux, bienveillants, souriants… et pas si drogués que ça ^^ mais je ne connais qu’un seul club parmi tous ceux cités dans le roman !)

En résumé, un roman dense, immersif, intense, qui se vit au rythme de la techno qu’il encense… Je l’ai lu d’une traite, j’étais avec Goldie et les autres, plongée dans l’atmosphère Berlinoise jusqu’au cou dès la première phrase : Samedi. Trois heures du matin. La soirée vient à peine de commencer.
Un livre plein d’humour aussi (la barrière de la langue, l’enfer des Call Center, les mines défaites du petit matin, la galère dans les toilettes…)
Je l’ai lu vite, trop vite, happée, en apnée, emportée dans un tourbillon de soirées et de drogues… Je vais sûrement le reprendre plus tranquillement plus tard, et déguster chaque ligne…
– En attendant, je meurs d’envie de retourner à Berlin, sur les pas de l’autrice ! — en revanche, je ne pense pas réussir à rentrer au Berghain ^^ même si d’après le roman, ce n’est plus aussi élitiste qu’avant

La présentation de l’éditeur

« La population du Griessmühle devient de plus en plus navrante. Les gays trashos, ceux qui fréquentent le Lab-oratory, cette boite scato où des rouleaux essuie-tout pendent sur chaque mur, se font rares, et on voit fleurir des plate-bandes d’étudiant Erasmus en pâmoison après avoir bouffé leur premier ecsta. C’est au Berghain, le fameux club qui a fait sa réputation sur sa sélection élitiste, que le phénomène se révèle le plus flagrant. Quelques années auparavant, seuls les Freaks et les « Vrais » avaient le droit d’y pénétrer, et à présent, on y voit presque que des hipsters déguisés pour le week-end avec l’uniforme Berghain – body pour les filles, harnais, short et chaussettes montantes pour les garçons. Plus rien pour faire rêver, plus de quoi être fier d’avoir réussi à convaincre le physio à la gueule barbelée, Sven Marquardt. Même ce temple de la techno, possesseur du meilleur sound system de tous les temps, s’est plié au lois de la gentrification. »

Pour Goldie et sa petite bande – une poignée de narcissiques défoncés à un invraisemblable cocktail de drogues – chaque week-end est un défi. Ce sont chaque fois trois nuits folles à gravir sous l’emprise de l’érotisme et de la GBL, et à dévaler sous l’emprise de l’égotisme et de la kétamine. (…)

(j’ai coupé le résumé qui en dévoilait trop je trouve… j’ai ce petit défaut moi aussi dans mes chroniques, mais là, même la fin est à demi dévoilée !)

Techno Freaks n’est plus édité, et il n’existe pas en version numérique, je l’ai trouvé en occasion via Amazon (en patientant un peu, car en raison de sa rareté, certains prix étaient élevés !)

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

À propos de l’auteur

Blogueuse et autrice

Ce message d’erreur n’est visible que pour les administrateurs de WordPress

Erreur. Aucun flux trouvé.

Veuillez aller sur la page de réglages d‘Instagram Feed pour connecter votre compte.