Complexes

Un petit billet juste pour mon blog, mon exhibitionnisme ayant des limites, sur ces complexes qui nous empoisonnent la vie jeune, et parfois pour toute la vie… 

Quand j’étais adolescente, et même plus tard étudiante, les garçons me taquinaient énormément. Ils se moquaient, jusqu’à me vexer, me blesser (bien sûr, je ne montrais rien), jusqu’à me faire de la peine au point de me donner envie de pleurer. J’enrageais quand je sentais les larmes me monter aux yeux, je maudissais ma sensiblerie, et je m’endurcissais, renforçais ma carapace. J’ai compris plus tard que c’était sans doute leur façon de se rapprocher de moi, de me « draguer »… Rabaisser l’objet de leur désir… comment pouvaient-ils espérer une seconde que cela « marche » ! Mortifiée, j’avalais des couleuvres, m’efforçant de prendre les choses à la légère (alors que je me décomposais sur place), je finissais par leur tourner le dos, pour pleurer de honte à l’abri des regards. J’ai fini par m’intéresser à ceux qui ne disaient rien, seuls dans leur coin, encore plus timides que moi. Je suis tombée dans leurs bras à la première parole un peu gentille.

Ces garçons moqueurs ne m’ont pas seulement fait mal sur le moment, j’en ai gardé des complexes pour des années et des années, et ils me collent encore à la peau, même si j’ai appris à ne plus leur donner autant d’importance. Je vais profiter de mon blog pour leur tordre le cou !
Mon nez déjà (mais la liste est longue, et je vais sans doute m’arrêter là, car les autres complexes, eh bien… sont toujours des complexes !)
– Moi, étudiante pleine d’enthousiasme, suivant l’élu de mon cœur au bout du monde (bon, un café du quartier) : c’est où ?
– mon crush du moment : ben suis ton nez !
– son pote rigolard : surtout pas, elle va se retrouver dans les nuages !
Et tous de s’esclaffer à mes dépens, et moi de rire jaune avec la bande pour tenter de faire bonne figure, mais voulant m’enfuir et cacher ma honte et mon nez pointu. J’avais pris l’habitude de leur donner des bourrades, des petites tapes, par manque de répartie. Ils répondaient par des chatouilles, et ça dégénérait parfois en fight play général, j’aimais bien ! Mais une fois, je m’étais retrouvée sur un grand lit, entre deux garçons. On ne se chatouillait plus, on se regardait, sur le point de basculer vers autre chose… Je me suis relevée, incandescente de désir, affolée, mais à l’époque se montrer une « fille facile », c’était la condamnation sociale assurée (mal tourner, avoir de mauvaises fréquentations… )

Aujourd’hui les garçons ont tout compris, ils n’hésitent pas à faire des compliments, ces caresses du cœur. Ils nous disent ce qui leur plait chez nous, et non ce qui les fait rire. Ce n’est pas grave si c’est faux, si ce sont juste des belles paroles pour faire plaisir, ça marche quand même ! Notre cerveau n’est pas dupe, mais notre cœur, ce grand naïf, bondit de joie ! Et l’envie de les embrasser nous taraude…
Même si les garçons sont devenus bienveillants et n’ont plus peur de se montrer faibles en étant « gentils », les complexes existent toujours, car nos esprits les inventent, les fabriquent de toutes pièces, sans doute pour nous torturer nous-mêmes, nous auto-flageller, puisque personne d’autre ne s’en charge.
Je suis tombée des nues récemment  quand un ami, très beau, une vraie gueule d’amour de cinéma, m’a confié ses complexes. J’ai ouvert grand les yeux, tenté de le convaincre qu’il était beau comme le jour – en vain. Tant mieux d’un côté, il ne prendra pas la grosse tête !

Mais se créer nous-mêmes nos propres complexes, c’est moins grave que de subir des moqueries des autres je trouve. Se moquer n’est plus acceptable, c’est désormais assimilé au harcèlement. Le body shaming est insupportable, en particulier envers des personnes timides, peu sûres d’elles, sensibles (c’est à dire tous les jeunes ou presque, et les moins jeunes aussi, même si on s’en fiche à mesure que le temps passe – et pourtant on ne s’améliore pas ^^)

Maintenant, quand on me fait une réflexion, j’attaque direct !
– C’est pas fini ce body shaming ? En 2026 ! Sérieux !!
Mais bon, c’est devenu rare ! (Récemment quand même, un garçon me reprochait de ne pas m’habiller aussi sexy que les autres filles, de ne rien montrer, pas même mon décolleté. La moutarde m’est montée au nez ! D’autres regrettaient que je ne mette pas de talons…)
Le kink shaming en revanche, j’en ai fait les frais plusieurs fois , avec des réflexions qui se veulent taquines, mais qui sonnent comme des jugements : tu n’es pas très cruelle comme domina ! ; Tu ne lui fais rien à ton soumis ! Il s’ennuie ; Tu fais rien en soirées… Jamais les jeunes, plutôt ces mêmes bad boys qui me taquinaient trop fort quand j’étais jeunes. Ils ont vieilli, mais n’ont pas changé au fond…
Mais laissez-moi faire ce que je veux, je n’ai de compte à rendre à personne, à part aux soumis qui se remettent entre mes mains, bien sûr. Et s’ils s’attardent auprès de moi, c’est qu’ils le veulent bien, ils sont libres de partir à tout moment. Je les soupçonne parfois de s’ennuyer, mais de rester néanmoins, sans  doute pour me faire plaisir… Je les rassure ici collectivement : chacun doit faire ce qui lui plaît, et d’ailleurs j’adore me retrouver seule au milieu d’une foule anonyme, je respire enfin !

 

 

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