Sextuor de Léa Grosson

Je viens de ne faire qu’une bouchée de Sextuor, de Léa Grosson, un régal !

Nous sommes plongés dans une tragédie classique : unité de lieu : une belle villa avec piscine ; unité d’action ;  unité de temps (au lieu de 24h, il s’étire sur une semaine de vacances.) Mais ce n’est pas une tragédie ! Même s’il y a des moments de tensions (érotiques, mais pas que)

Trois couples d’amis ont loué une maison pour une semaine de vacances entre amis. Ils se connaissent tous bien, sauf la nouvelle amie de Léon, Vic.
Vic n’a pas froid aux yeux et propose un jeu pour mettre un peu d’ambiance : pendant 24h, on échange les partenaires ! Après quelques hésitations, un tirage au sort est finalement organisé et chacune hérite d’un nouveau partenaire pour 24h, pas une de plus, sans obligation de faire quoi que ce soit, ni de raconter ensuite à son conjoint. Juste une parenthèse, qui se refermera ensuite…
En théorie ! Car un tel jeu peut-il vraiment se contenter de 24h, sans conséquences, sans risquer de déborder, sans provoquer d’émotions, de découvertes sur soi aussi, à la faveur de la nouveauté ?

Chaque jeune femme a sa personnalité, et un compagnon bien assorti au départ. Le hasard mélange les cartes, des couples improbables et éphémères se forment. Ainsi, Cloé, timide et romantique, hérite de Léon, si sûr de lui, fervent défenseur de l’amour libre, tandis qu’Antonin, réservé et secret, se retrouve avec Vic, extravertie et provocatrice. Cloé et Antonin : mes deux personnages préférés, qui sont devenus comme des amis au fil des pages… J’ai beaucoup aimé tous les autres aussi, Vic en particulier, j’envie sa liberté de parole et d’action !

Léa Grosson explore les conséquences d’un tel jeu : les ressorts de la jalousie, les questions autour du polyamour, de l’amour libre, la souffrance de la jalousie ou au contraire l’excitation de savoir sa chérie avec un autre, les débordements inévitables… Chacun réagit selon sa sensibilité, son caractère, face à cette tempête d’émotions, ces découvertes de nouvelles pratiques sexuelles, nouveaux fantasmes.
Les lendemains se révèlent difficiles ! Tous ont changés, et c’est irréversible, l’innocence de leurs relations amicales n’est plus. Car il ne s’agissait pas simplement de tester l’amour libre, il s’agissait de l’expérimenter entre amis, ce qui ajoute encore au trouble et aux « difficultés » (tout serait plus facile entre inconnus !)

J’ai beaucoup aimé le style de Léa Grosson, fluide, sensuel, et son choix d’écrire à la première personne. C’est amusant, car j’évoquais l’écriture à la première personne il n’y a pas si longtemps : une écriture plus immersive, mais qui a un gros défaut à mes yeux : on a qu’un seul point de vue, on ne sait pas ce qui se passe dans la tête des autres, et ça peut être frustrant ! Léa Grosson nous offre les deux avec bonheur, l’immersion et la multiplicité des points de vue ! Elle a trouvé la parade : chaque personnage prend tour à tour la parole et nous invite dans ses pensées, ses ressentis… et pour ne pas nous perdre, à chaque fois, un joli dessin nous montre avec qui nous nous retrouvons ! (Peut-être que l’on serait un peu perdus sinon…) J’ai déjà lu des livres à la première personne avec deux voix et des chapitres en alternance, mais à six voix, c’est une première ! Très réussie !

Au début du roman, l’illustration de Coucou Aurélien nous présente les couples « officiels » en présence, et les nouveaux liens qui vont se nouer lors du jeu :

Sextuor est un roman qui se déguste comme une glace sous le chaud soleil d’été. Impossible de le lâcher, on est pris dans les pensées des personnages, leurs ressentis, leurs échanges et les rebondissements ! Et sous des dehors légers, il pose les vraies questions autour du polyamour et de l’amour libre.
J’ai refermé le livre à regret à la fin du livre, je ne voulais pas quitter cette bande d’amis tous attachants, devenus les miens au passage…

Le résumé de l’éditeur

Trois couples décident de pimenter leur séjour entre amis dans une villa de rêve en se lançant un défi : changer de partenaire pendant vingt-quatre heures. Un jeu sulfureux, rien de plus. Du moins, c’est ce qu’ils croyaient. Car, très vite, les règles vacillent. Derrière les rires et les regards complices, les désirs profonds remontent à la surface. Jalousie, excitation, révélations : les masques tombent, les liens se tordent. Chacun va devoir affronter ce qu’il cache. Et quand le jeu s’arrête, plus rien n’est comme avant… Sextuor dévoile le point de vue de chaque protagoniste dans une partition à six voix. Amour, amitié, fantasmes et secrets s’entrelacent dans ce huis clos incandescent.
Créatrice des célèbres « petits mots » qui font vibrer les réseaux sociaux, Léa Grosson a publié plusieurs ouvrages qui renouvellent le genre érotique. Après son roman best-seller Depuis cette nuit, elle signe ici un texte intense, où se mêlent avec finesse désir, romance et vertige émotionnel.

Pour vous le procurer

La Musardine

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