Il pleut depuis des jours, je passe un temps fou en ce moment à sauver des escargots égarés pour les remettre dans le droit chemin : les espaces verts
Je me mets en retard, et j’ai l’impression que des voisins me regardent bizarrement, mais impossible de passer mon chemin !
Les escargots quittent les plate-bandes et les espaces verts de notre résidence, s’aventurent dans les allées de béton au risque de se faire écraser, ou escaladent des murs en pure perte. Je les remets soigneusement dans l’herbe, au pied des arbres. Tout récemment, j’ai même envisagé de pénétrer dans un jardin voisin pour en relâcher là, car plusieurs escargots escaladaient son mur, avant de me raisonner et de m’en tenir à mon environnement immédiat. Les escargots doivent apprendre à ne plus grimper sur les murs, ni se risquer sur les trottoirs !
J’essaie de le faire discrètement, je crains le ridicule… l’ancien gardien de la résidence m’avait surprise, et il m’avait dit avec son grand sourire qu’il faisait la même chose !
Enfant, ado, et même plus tard, je passais mes vacances à sauver les insectes tombés dans la piscine, quand on était invités chez des amis qui en possédaient une.
Privée du plaisir de la baignade en toute insouciance, je ratissais la piscine en long en large et en travers en quête de petites victimes que je déposais délicatement sur le rebord au péril de quelques piqûres. Je les regardais se sécher au soleil, et puis s’envoler ; quelle joie à chaque fois, je les avait sauvées ! Ma mère râlait, mes amis se moquaient de moi, mais ça m’était égal, j’avais une mission sur terre ! Mais c’était sans fin, il y avait toujours de nouvelles créatures à sauver, et mon cœur se serrait quand il fallait partir à la fin du séjour ou de la journée ; qui allait s’en occuper après mon départ ? Sauf les guêpes, j’avoue, j’abrégeais leurs souffrances en les noyant. (Depuis, j’ai vu une publicité : un petit tapis incliné à accrocher au rebord de la piscine et qui permet aux insectes, petits mammifères, de sortir de la piscine.)
Ce goût des petits animaux vient sans doute de mon enfance solitaire : observation des fourmis, tentative d’élevage avec du sucre, adoption d’orvets sauvages, captures de toutes sortes d’insectes et fabrication de « maisons » (tous vite libérés…)
Ça m’est resté, ce côté « sauveuse des animaux » qui croisent ma route… et pas seulement pour escargots !
Des papillons de nuit, des araignées, se perdent parfois chez moi ou dans des maisons de vacances. Je les transporte dehors avec moult précautions… surtout les papillons de nuit pour lesquels j’ai une tendresse particulière, si grands, dodus, velus, complètement immobiles…
Et tout l’hiver, je nourris des mésanges qui viennent depuis des années profiter de ce restaurant de saison.
– en revanche, je fais de la discrimination sans état d’âme : moustiques et autres nuisibles sont exterminés sans l’ombre d’un remord.
Je rêverais d’accueillir une famille de hérissons dans le jardin de notre résidence, quantité de limaces s’aventurent aussi sur les chemins à la moindre averse (je ne les sauve pas, elles, il y a des limites à mon dévouement, le temps manque ^^) . Il faudrait juste que l’on ouvre des passages avec les jardins des résidences voisines, ce qui n’est pas gagné vu l’AG apocalyptique que l’on vient de vivre…
Mon empathie est mal placée me direz-vous, je ferais mieux de m’intéresser aux humains, mais c’est aussi le cas ! (et c’est l’enfer, l’empathie, la sensibilité, envers son prochain, surtout les enfants)
Facebook et Instagram ont bien compris mes centres d’intérêt, mon fil est empli d’hérissons mal en point, de renards aventureux et de pandas maladroits, mon cas s’aggrave !
(malgré tout je n’ai pas renoncé à ma nature carnivore, je ne suis pas à un paradoxe près)
Une amie m’a transmis ce tuto : il ne faut pas les saisir par la coquille alors qu’ils sont sortis ! Je vais y passer plus de temps encore ! Vivement les beaux jours

Quand vous voyez un escargot traverser une allée, le réflexe est de l’attraper par la coquille pour le mettre à l’abri. Ce geste part d’une bonne intention, mais il peut lui être fatal.
Ce que la plupart des gens ignorent : le manteau, ce tissu souple qui relie le corps de l’escargot à sa coquille, est extrêmement fragile. Son pied sécrète un mucus adhésif puissant qui le fixe volontairement à la surface. C’est sa façon de rester ancré, hydraté et protégé.
Arracher un escargot d’un coup, c’est risquer de déchirer ce manteau ou de rompre la liaison entre le corps et la coquille. Ce sont des lésions invisibles de l’extérieur, mais irréversibles.
Le bon geste prend moins d’une minute :
– Touchez la coquille doucement pour signaler votre présence
– Attendez une trentaine de secondes qu’il se rétracte et libère son adhérence tout seul
– Soulevez-le lentement, sans forcer
– Déposez-le dans le sens où il se dirigeait, il avait choisi cette direction
30 secondes de patience font la différence entre un sauvetage et une blessure.
Il était collé là volontairement. Accompagnez sa biologie, ne luttez pas contre.
Photo d’illustration prise sur le net, retirée ou créditée sur simple demande
