La Monarch du 21 février 2026

Hier soir, La Monarch, soirée techno fetish, inclusive, interlope, et libre !

J’ai raconté tellement de soirées depuis toutes ces années, j’ai annoncé que je raccrochais de stylo (je manque de temps, les gens vont se lasser de me lire, les mêmes thèmes reviennent souvent…)
Mais finalement, le stylo s’accroche et me démange, et j’ai envie de raconter certains détails – fini les récits exhaustifs ; venez, la réalité est mille fois mieux !

En repensant à hier soir, outre la musique qui nous a engloutis corps et âme (fantastiques DJs !), les amis retrouvés, les nouvelles rencontres… je repense au lieu.
Le lieu, si crucial pour la réussite des soirées ! Un lieu clos, sous-terrain, où les codes et les règles de la société normale (celle en plein jour à la surface), ne s’appliquent pas.
« Hétérotropie » en sociologie :
– un lieu avec ses propres codes : dress code fetish, suivre ses envies du moment en respectant les autres, s’adonner à ses kinks sans juger ceux des autres…
– et ses lois : respecter le consentement, ne pas mettre en danger autrui ni se mettre en danger, pas de photos. Des Angels s’en assurent et gardent un œil sur nous, diligents et discrets, rompus à l’exercice : veiller sur nous sans « surveiller », nous offrir toute liberté, tout en assurant notre sécurité !

Depuis quelques soirées, La Monarch a pris ses quartiers au Carré Montparnasse.

Ce club est constitué de deux grandes salles rectangulaires, tout ce qu’il y a de plus classique en apparence. Les organisateurs les aménagent, créent des coins sombres où abriter nos amours et nos jeux variés, par la magie de rideaux, bâches, coussins. Ils nous surprennent toujours en variant les installations, en réorganisant les différents espaces. Au fil de la soirée, on va se les approprier, les investir, les détourner… Une Play room peut rester sage, du moins au début, car elle trop éclairée par exemple, alors qu’une banquette du dance floor, à demi cachée dans l’obscurité, peut devenir le théâtre de scènes à deux, à trois, bien protégés des regards…

– La salle consacrée aux jeux bénéficie d’éclairages plus tamisés et de recoins de part et d’autre : une dark room équipée de petits matelas d’un côté, et le fameux confessionnal de l’autre – tiens, il manque l’un des rideaux protecteurs, ce qui offre une alcôve un peu exhib, et l’autre plus secrète.
Je m’attarde longtemps dans cette vaste Playroom car il y a un DJ que j’aime beaucoup, venu de loin, hypnotisée par sa musique et les excellents danseurs qui se démènent sur l’estrade.
Près de l’entrée, j’admire un instant Roxy promener des griffes douloureuses et voluptueuses sur la peau de son soumis cagoulé attaché à la croix de St André.

– L’autre salle, consacrée au dance-floor, est mieux éclairée, la musique nous absorbe et nous traverse de part en part. Une mezzanine propose un coin chill avec ses banquettes, et de l’autre côté, un cinéma porno ! Le ciné qui nous a tant plu lors de la soirée du réveillon est reconstitué, avec ses banquettes alignées, son film sur grand écran. Les gens regardent sagement – pour l’instant, mais à force, des idées et des envies devraient surgir, suggérés par les images en gros plan.
Quelques marches encore, et on découvre un espace caché, feutré, devenu rapidement l’antichambre de l’enfer, et une chambre tout court pour ceux qui recherchent plus d’intimité.
Une mezzanine dans la mezzanine !

J’ai déjà parlé de mon goût des mezzanines, qui permettent d’admirer discrètement les danseurs en contrebas, les shows, accoudée à la balustrade, sans me plonger encore dans la « fosse au lions ». Regarder sans être vue, loin de la promiscuité des corps, du son, être dans la fête, mais encore sur le seuil, dans un lieu protégé, surtout en ce début de soirée : une fête dans la fête.
Dans mes pensées, des fantasmes jaillissent, j’imagine une enfilade de salles à l’infini, toujours plus sombres, plus petites et brûlantes. Je déambule anonymement au milieu d’inconnus s’adonnant à mille perversions, au cours d’une soirée qui n’aura pas de fin — ma vision de l’enfer, devenu le paradis !

Une fois le tour des lieux accompli, tout se fond dans le brouillard de mes souvenirs, il ne reste que la danse, les échanges, le plaisir de discuter avec de nouvelles personnes… On m’a reconnue ! « Tu tiens un blog, non ? » Oui ! et aussi « Tu écris des textes érotiques ? » Oui ! D’ailleurs, je viens chercher l’inspiration directement à la source, aspirant l’énergie de la soirée telle une vampire pour m’en délecter et la retranscrire plus tard dans mes histoires

Je le dis souvent, mais une fois de plus le sortilège se vérifie : le temps de retrouver des amis, d’aller et venir frénétiquement entre les deux salles, de faire quelques incursions curieuses dans les dark rooms au pas de course (ne pas déranger ceux qui s’aiment ! ), et voilà, il est 5h, l’heure de m’éclipser.
Mon voisin de danse se penche vers moi :
— Je viens d’arriver et toi ?
— Moi j’étais là depuis le début, j’adore voir la soirée monter, monter, atteindre une sorte d’acmé et redescendre comme à regret…. Mais tu sais qu’il ne reste plus qu’une heure, elle se termine à 6h ! Parfois c’est midi.
— Oui, mais je compte bien en profiter à fond pendant 1h !
Regard plein d’espoir vers moi (non, je fantasme ^^)
— Profite bien, je dois me sauver !

Et pendant que je remonte vers la surface, rhabillée de pied en cap avec mon sac sur le dos, je croise les fumeurs qui occupent la moitié de l’escalier, à l’abri des regards de la rue. Ils sont beaux, serrés les uns contre les autres en tenue fetish, fumant et bavardant, ignorant la fraîcheur de la nuit ! Deux univers parallèles qui se croisent : je suis déjà de retour dans la vie normale, quand eux sont encore dans une autre réalité.

Merci à toute l’équipe de la Monarch, au top comme toujours, que ce soit à l’accueil, au vestiaire, au bar, à l’entrée des play-rooms, aux DJ, et aux amis qui se reconnaîtront !

Prochaines soirées

– Samedi 7 mars : Master Squat X Delicatesem au Noctis
– Samedi 13 mars : Monarch Lyon, avec road trip en bus pour les parisiens !

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