Je viens de lire Animale, le nouveau roman de Claire Von Corda qui vient de paraître à La Musardine, et je me suis régalée, miam !
L’histoire : Clémentine et Raphaël ont pris la route un jour de fortes chaleurs pour aller voir les parents de Clémentine, et vivent toutes sortes d’aventures et de rencontres en chemin !
Un road trip un peu irréel, comme un cauchemar ou un rêve — j’ai même cru au départ que l’on se situait dans un futur proche post apocalyptique, ambiance Mad max (en fait non, pas du tout !)
Le roman démarre sur les chapeaux de roue, avec un début torride dans tous les sens du terme : c’est la canicule, il n’y a pas de clim dans la voiture, et Clémentine est chaude comme la braise ! Raphaël est au volant, Clémentine s’ennuie, elle meurt de chaud, ne tient pas en place, le désir la démange. Encouragée par Raphaël, elle s’amuse à allumer un camionneur qu’ils sont en train de doubler, en se montrant la plus provocante et indécente possible. Superbe scène d’exhibition, à ne pas reproduire au risque de provoquer un accident malencontreux ^^
L’écriture charnelle de l’autrice fait merveille : on est plongés jusqu’au cou dans l’habitacle étouffant de la voiture, on ressent nous aussi la moiteur ambiante, la chaleur, on flaire les odeurs… Nos cinq sens sont sollicités en permanence : le goût des chips ou d’un chewing-gum, le parfum du désir de Clémentine mêlé à sa transpiration…
On se retrouve immergés aussi dans les pensées de Clémentine qui carburent à toute allure. Elle a chaud, elle a faim, et même très faim. On partage en direct ses obsessions sexuelles qui se bousculent dans ses pensées au point de la rendre folle. Clémentine fantasme non stop, dévorée de désir, un désir qui s’impose et emporte tout sur son passage ! Ce désir hors norme l’envahit, l’exacerbe, s’emballe ; elle ne pense plus qu’à le satisfaire par tous les moyens, et rien ne semble jamais l’éteindre. Elle est sur le fil, de plus en plus hystérique, au bord de basculer dans la folie. Nous retenons notre souffle, suspendus à ses lèvres, emportés nous aussi par le courant et les tourbillons de ses pensée, de ses ressentis.
Les embouteillages les poussent à quitter l’autoroute, et à partir de là, tout dérape ! Les rencontres de hasard s’enchaînent, Clémentine fantasme comme une malade sur chaque personne croisée, sans distinction, peu importe que « la chose » soit envisageable ou non, que la réciproque soit vraie ou non : le caissier du magasin d’une aire de repos, un jeune autostoppeur, et j’en passe…
Raphaël se laisse entraîner – comment résister à sa copine bouillonnante de désir ! Mais il s’agace aussi, se sent dépassé, ça va trop loin. Leur couple vacille, entre les excès de Clémentine et Raphaël qui tente de garder le contrôle de la situation qui leur échappe de plus en plus.
Les scènes érotiques sont de véritables morceaux de bravoure ! Je ne peux les dévoiler ici, au risque de vous gâcher le plaisir de les découvrir en « immersion ». J’ai adoré certaines scènes en particulier, dont celle à plusieurs avec ses rencontres hautement improbable au milieu de nulle part !
J’ai aimé aussi ce village assoupi pendant l’heure chaude, « mort » avec ses magasins fermés – mais finalement, il y a de la vie quand même (passage d’anthologie !)
Les scènes de sexe sont poisseuses, trash, intense, goûteuses, gourmandes, et mêmes voraces… Ça suinte, ça coule, ça transpire, ça sent fort, ça colle… et on en redemande !
Clémentine est très attachante avec son appétit de vivre et de jouir à toute épreuve, ses débordements, ses appétits, sa mauvaise humeur, ses envies qui la transforment en démone, lui faisant oublier toute retenue. Son désir prend le contrôle et la pousse à tous les excès !
La force du désir féminin est si bien rendue par la plume de Claire Von Corda, cette tempête qui obscurcit notre raison, qui balaye tout sur son passage, tant que nous ne sommes pas comblées. Peu importe comment, peu importe par qui !
En résumé, une lecture immersive dans laquelle je me suis vautrée avec délectation ! Je suis trop vite arrivée à la fin du roman, j’en voulais encore ! J’ai ressenti une sensation de « manque », après avoir vécu à 100 à l’heure (et même plus), à un rythme tambour battant (on a à peine le temps de reprendre notre souffle que la situation se tend à nouveau, sur le point d’exploser.)
Je conseillerais de lire le roman comme je l’ai fait, d’une traite, sans respirer, pour « vivre » pleinement l’expérience, et être remués, retournés, tentés ! – Seul risque : les appétits de Clémentine sont contagieux je crois, ils m’ont gagnée, je me sens prête à dévorer mon prochain tout cru !
Le résumé de l’éditeur
Un road-trip incandescent.
« –; Cap ou pas cap de lui montrer tes seins !
On avait oublié de se branler hier soir, Raphaël l’avait remarqué en lançant le film. Et puis la flemme, la fatigue avaient gagné. Ce matin, écrasés par le stress du départ, nous sommes partis trop vite, sans écouter l’envie de jouir.
On ne roule que depuis vingt minutes et déjà ça démange.
On a quitté la ville et le périph, sous un ciel blanc comme s’il allait neiger. Nous sommes le 29 juillet et la fin du monde aura lieu dans vingt-cinq ans. »
Au cours de ce road-trip incandescent, nous sommes coincés avec Raphaël et Clémentine, au plus près de leurs corps et de leurs pensées. Dans l’habitacle surchauffé de la voiture, ce sont toutes les problématiques du couple qui se révèlent, des plus triviales aux plus subtiles. À l’image de ses précédents, ce nouveau roman de Claire Von Corda, dense, cru et poétique, est traversé par une énergie sexuelle puissante et une sensibilité à fleur de peau qui ne laisseront aucun·e lecteur·ice indemne.
Pour rencontrer l’autrice
Claire Von Corda dédicacera son roman jeudi 12 février à partir de 18h30 à La Musardine : 122 rue du chemin vert Paris 11e
L’événement Facebook
Son compte Instagram (Claire Von Corda dessine de superbes portraits au bic bleu)
Pour vous procurer le livre
La Musardine: à la librairie ou via leur site
Ou sur commande dans votre librairie, sur Amazon, etc.
