Je me souviens de mes cours de sports au collège : quand on est une souris à lunettes plus maigrichonne et plus petite que les autres, on est toujours choisie en dernier dans les équipes pour les sports collectifs. Cette humiliation en place publique quand les chefs d’équipe appelaient à tour de rôle les élèves pour qu’ils rejoignent leurs rangs ! J’étais toujours la dernière à être appelée, seule sur le bas-côté, rouge de honte, au bord des larmes, détestant de toute façon tous ces sports où je n’obtenais que des bleus, rarement le ballon.
Je suis sciée, déçue et révoltée d’apprendre que rien n’a changé ! Je réalise que ma fille endure la même épreuve, est meurtrie de la même façon : plus petite que la moyenne, peu sportive, elle n’est jamais choisie spontanément, et acceptée à la fin du bout des lèvres faute de mieux.
A une époque où l’on prône la bienveillance, l’acceptation de soi, la beauté de la diversité des corps, je m’étonne que rien n’ait changé. L’école doit permettre de prendre en confiance en soi ! Pourquoi ne pas procéder à un tirage au sort pour composer les équipes de hand ou autre, au lieu de valoriser les plus forts et les plus costauds, et humilier les petites à lunettes ?
– mais peut-être n’a-t-on pas eu de chance, et est-ce différent ailleurs ?
